Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé des peines allant de quatre à six mois de prison avec sursis mercredi 7 juillet, dans l'affaire Mila. Un autre prévenu a été relaxé. Les mis en cause étaient jugés pour avoir participé au cyberharcèlement de l'adolescente en 2020.

Mila lors de l'ouverture du procès en juin 2021.
Mila lors de l'ouverture du procès en juin 2021. © AFP / Bertrand GUAY

Le tribunal de Paris a rendu sa décision mercredi 7 juillet dans l'affaire Mila, cette adolescente victime de harcèlement sur les réseaux sociaux après avoir posté deux vidéos véhémentes sur l'islam. Onze prévenus ont été condamnés à des peines allant jusqu'à six mois de prison avec sursis. La relaxe a été prononcée pour un autre prévenu, au bénéfice du doute. Un dernier mis en cause n'a pas été jugé par le tribunal de Paris. Sa convocation n'avait pas été envoyée régulièrement. 

"Lapidation numérique"

"Au regard de la loi pénale, le réseau social c'est la rue. Quand vous croisez quelqu'un qui vous déplait, dans la rue, on s'interdirait de l'insulter. Ce que vous ne faites pas dans la rue, vous ne le faites pas sur les réseaux sociaux", a expliqué le président du tribunal devant sept des treize prévenus présents. Ces jeunes femmes et hommes, âgés de 18 à 30 ans, sont également chacun condamnés à verser 1 500 euros en réparation de la "lapidation numérique", et 1 000 euros pour ses frais d'avocat.

Le tribunal a donc suivi les réquisitions du parquet. Tout au long de l'audience, le 22 juin dernier, le juge a tenté d'élever les débats à la hauteur du phénomène de société qu'est la haine en ligne, définir les contours de la liberté d'expression et au droit du blasphème.  "Les utilisateurs des réseaux sociaux doivent savoir que s'ils ne veulent pas que quelque-chose se sache, il vaut mieux qu'ils ne le fassent pas" a conclut le président du tribunal.  

Je veux qu'on ne fasse plus jamais culpabiliser les victimes, force à nous.

A la sortie de l'audience, Mila a salué la décision du tribunal correctionnel. "On a gagné, et on gagnera encore parce que je veux que tous ensemble, on arrête jamais de baisser les bras, qu'on continue de se battre," a-t-elle déclaré. Selon son avocat, Richard Malka, la jeune femme a reçu 100 000 messages haineux.