L'ombre d'un troisième homme pèse sur le dossier des crimes de Montigny-les-Metz : Henri Leclaire, qu'un nouveau témoin affirme avoir vu à proximité des lieux du crime.

Affaire Montigny-les-Metz : dossier Henri Leclaire
Affaire Montigny-les-Metz : dossier Henri Leclaire © Radio France / Charlotte Piret

En plus de Patrick Dils, deux fois condamné dans cette affaire et désormais définitivement banchi ; en plus de Francis Heaulme, nouvel accusé des meurtres de Cyril et Alexandre à Montigny-lès-Metz, l’ombre d’un troisième homme pèse sur le dossier. Un homme, qu'un nouveau témoin affirme avoir vu à proximité des lieux du crime, le long de la voie ferrée de Montigny-les-Metz.

Il s’agit d’Henri Leclaire, manutentionnaire de 38 ans à l’époque des faits, et qui a été brièvement placé en garde à vue en 1986.

A l’époque, Henri Leclaire a même avoué les meurtres ...

Procès-verbal d’Henri Leclaire, le 10 décembre 1986

Je suis monté sur le talus où se trouvaient les enfants entre 16 heures et 17 heures, ou même plus tard. Je leur ai posé la question: “Qu’est-ce que vous faites là?” Ils m’ont répondu: “On s’amuse à jeter des cailloux”. Les enfants se sont sauvés par les wagons et n’ont pas chercher à se sauver par la butte (...). J’ai poursuivi celui que je connaissais, et qui était parti entre la première et la deuxième rangée de wagons. Je l’ai rattrapé au niveau des premiers wagons de la rame (...). Je suis parti à la poursuite de l’autre, entre la deuxième et la troisième rangée de wagons et je l’ai rattrapé à peu près à hauteur du sixième wagon de la troisième voie (...). Je leur ai dit qu’ils n’avaient rien à faire sur les voies. Ils m’ont répondu: “On est souvent ici.” J’ai commencé à les engueuler. Je leur ai donné une gifle à chacun. Je me suis énervé. Je les ai un peu bousculés. J’en tenais un par chaque main. Ils ne se sont pas débattus et ils n’ont pas crié (...). Ensuite, à un moment donné, Alexandre a trébuché et il est tombé à terre où il a heurté un rail. Il était alors sur le dos. L’autre voulait s’enfuir et en reculant; il a heurté un tampon avec la tête. Il est également tombé sur le dos. A ce moment-là, les enfants étaient à terre l’un à côté de l’autre. J’ai pris une pierre de la grosseur d’une main et j’ai tapé à tour de rôle sur les fronts des enfants. J’ai porté à chaque enfant un seul coup.

"La cour d'assises doit se passer de l'ensemble des aveux dans cette affaire": Me Thomas Hellebrand, avocat d'Henri Leclaire

A l'époque, Henri Leclaire travaille comme manutentionnaire pour les éditions Le Lorrain, entreprise située juste en face du lieu du crime.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Les lieux du crime >

En charge notamment de l'entretien des lieux, il avait pour habitude de venir vérifier l'état des bennes, ces poubelles dans lesquelles les enfants du quartier - dont Patrick Dils qui collectionne alors les timbres - ont pris l'habitude de venir fouiller.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Quinze ans de prison pour rien

Mais Henri Leclaire se rétracte rapidement et est relâché par des enquêteurs qui jugeaient ces aveux peu crédibles.

Lors de la réouverture de l’enquête après l’acquittement de Patrick Dils, Henri Leclaire est placé sous le statut de témoin assisté.

L'interview en vidéo d'Emmanuel Charlot, journaliste et auteur d'une enquête sur l'affaire :

Henri Leclaire bénéficie d'un non-lieu en 2013 et seul Francis Heaulme est finalement renvoyé devant la cour d'assises pour les meurtres de Cyril et Alexandre.

Affaire Dils-Heaulme, la contre-enquête
Affaire Dils-Heaulme, la contre-enquête © Emmanuel Charlot

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Affaire Dils-Heaulme, la contre-enquête, ouvrage d'Emmanuel Charlot

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.