Des zones d’ombres, mais pas de réponse formelle. Seule l’intime conviction des jurés. Qu’en diront-ils cette fois ?

"Oui". C’est ainsi que les jurés de la cour d’assises ont répondu à la question de la culpabilité de Jean-Louis Muller dans la mort de sa femme. Par deux fois, écartée l’hypothèse du suicide de cette mère de famille de 42 ans, documentaliste à Strasbourg.

En première instance, la cour conclut à la culpabilité du mari, probablement sur le point d’être quitté par son épouse, et le condamne à 20 ans de réclusion. Lors de son procès en appel, à Colmar, le docteur Muller répond par le silence : « Sans moyen de me défendre, je continuerai à me taire ». Manière de protester contre le refus du tribunal d’organiser une reconstitution. Autre stratégie de défense, même verdict : 20 ans d’emprisonnement. C’est donc la troisième fois que Jean-Louis Muller sera confronté aux assises. Il continue de clamer son innocence.

Mais d’importantes zones d’ombre persistent.

Sur le mode opératoire, tout d’abord.

Les proches de Brigitte Muller sont formels : celle-ci détestait les armes, elle ne savait pas s’en servir. Elle était profondément attachée à ses deux fils. Mère dévouée donc, femme coquette également. Alors, le choix d’un 357 Magnum qui l’a laissée défigurée, gisant dans la salle de jeux des enfants laisse son entourage perplexe.

Sur les éléments matériels, ensuite.

Aucune empreinte n’a été retrouvée sur l’arme. Le corps de Brigitte Muller, incinéré quelques jours seulement après sa mort, n’a pas été autopsié. Les traces de poudre retrouvées sur son corps sont moins nombreuses que sur Jean-Louis Muller, lui-même.

Des zones d’ombres, mais pas de réponse formelle. Seule l’intime conviction des jurés. Qu’en diront-ils cette fois ?

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