Selon nos informations, Me Bouzrou a déposé plainte contre une policière municipale pour un supposé certificat médical de complaisance et un signalement après un post de la maire

Depuis la mort d'Adama Traoré, les rassemblement pour demander la vérité sur les circonstances de son décès se sont multipliés
Depuis la mort d'Adama Traoré, les rassemblement pour demander la vérité sur les circonstances de son décès se sont multipliés © Maxppp / Aurelien Morissard

Le conseil municipal à Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise) sera certainement tendu ce jeudi soir. Le dernier, qui aurait dû se tenir le 22 novembre, a été annulé pour cause de boycott de l'opposition et d'échauffourées. Deux des frères d'Adama Traoré sont interpellés. Ils ont été maintenus en détention provisoire mardi. Ils seront jugés le 14 décembre.

Adama Traoré, 24 ans, est mort dans les locaux de la gendarmerie le 19 juillet dernier, après son interpellation à Beaumont-sur-Oise. Les circonstances de son décès et l'attitude des autorités, qui ont tardé à annoncer le décès à sa famille, ont aussitôt nourri le soupçon, chez ses proches, qu'elles cherchaient à couvrir les gendarmes. Qualifiée de "bavure" policière par son entourage, la mort d'Adama Traoré a entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise et dans les communes alentours. La famille a organisé à plusieurs reprises des manifestations et des rassemblements pour exiger la vérité sur les causes de la mort du jeune homme.

Une plainte et un signalement

Fait assez rare, l'avocat de la famille Traoré a rédigé en son nom propre "un article 40", c’est-à-dire un signalement envoyé au parquet de Pontoise en son nom propre pour dénoncer notamment un post Facebook relayé par Nathalie Groux, la maire de Beaumont-sur-Oise et retiré depuis, qui appelait "les citoyens de souche" à s'armer pour venir "en aide aux pauvres policiers sans recours".

L'élue réagissait après un coup de poing reçu par l'une de ses policières municipales, lors d'échauffourées devant la mairie il y a trois semaines. Un incident qui avait donné lieu à un certificat médical de huit jours d'interruption temporaire de travail (ITT), une durée déterminante pour les juges pour qualifier des faits de violences.

Problème : le praticien hospitalier diligenté par le parquet de Pontoise n'a pas du tout eu le même diagnostic que le médecin de Beaumont-sur-Oise et n’a fixé qu’une seule journée d'ITT. D'où, selon nos informations, la plainte déposée cette semaine pour dénonciation calomnieuse et tentative d'escroquerie au jugement contre la policière municipale.

Mercredi soir le procureur de Pontoise qui gère ce volet de l'affaire Traoré n'était pas joignable sur les éventuelles suites à donner.

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