Après la disparition mystérieuse de la famille Troadec, à Orvault, les enquêteurs ont obtenu les aveux du beau-frère, poussé au meurtre par un différend sur l’héritage.

Une centaine d'enquêteurs, comme ici à Dirinon, étaient mobilisés sur le dossier de la disparition de la famille Troadec.
Une centaine d'enquêteurs, comme ici à Dirinon, étaient mobilisés sur le dossier de la disparition de la famille Troadec. © AFP / FRED TANNEAU

Le beau-frère de Pascal Troadec a finalement avoué en garde à vue avoir tué les quatre membres de la famille disparue d'Orvault. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, était en garde à vue depuis dimanche matin au commissariat de Brest (Finistère), avec sa compagne, la soeur du père de famille. Il avait été interpellé à son domicile à une vingtaine de kilomètres de Brest.

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Les enquêteurs cherchaient à comprendre pourquoi le beau-frère avait laissé des traces dans la maison de la famille Troadec à Orvault, près de Nantes, et dans la voiture du fils, retrouvée à Saint-Nazaire. Il avait expliqué lors d'une première audition qu'il n'avait plus vu cette partie de la famille avec laquelle le couple était fâché en raison d'un prétendu héritage. Déjà entendu au début de l'enquête pendant 21 heures, le couple a habité un temps à Plouguerneau, non loin de Brest.

C'est dans ce secteur, dans la localité de Dirinon (Finistère) qu'ont été retrouvés des effets personnels des membres de la famille Troadec : mercredi un jean gris avec dans une poche, la carte bancaire, la carte vitale et une carte de fidélité de la fille, Charlotte, 18 ans; le lendemain, deux livres de jeunesse ayant appartenu à Pascal Troadec, à 500 mètres de là.

Les premiers soupçons des enquêteurs s'étaient d'abord portés sur le fils, Sébastien Troadec, 21 ans, décrit comme "fragile". La voiture de l'étudiant avait disparu avant de réapparaître jeudi garée près d'une église à Saint-Nazaire, à plus d'une soixantaine de kilomètres du domicile familial d'Orvault, au nord de Nantes.

Une centaine d'enquêteurs sont mobilisés sur ce dossier dont des spécialistes de cyber-criminalité qui exploitent le matériel informatique.

Scène de crime à Orvault

Pascal Troadec, 49 ans, était employé depuis une dizaine d'années dans une PME spécialisée dans la fabrication d'enseignes luminaires, à Orvault. Son épouse Brigitte, 49 ans, était employée dans un centre des impôts de Nantes. Leurs téléphones portables ont cessé d'être actifs pendant la journée du 16 février, sauf celui de Sébastien, éteint le 17 à 03H12. La sœur de Brigitte avait donné l'alerte quelques jours plus tard, s'inquiétant de ne plus avoir de leurs nouvelles.

Au domicile de la famille à Orvault, où Sébastien, en 2e année de BTS à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) et Charlotte, étudiante en Maine-et-Loire, étaient venus passer les vacances d'hiver, les enquêteurs ont découvert du sang en grande quantité ainsi qu'un téléphone portable.

Les nombreuses tâches de sangs retrouvées à l'étage, dans l'escalier et au rez-de-chaussée du pavillon et dans le garage, dont certaines essuyées, appartiennent au père, à la mère et au fils. Pour le procureur, des "corps atteints de blessures graves ont circulé. Soit des personnes blessées ont été mobiles, soit elles ont été transportées", a-t-il affirmé vendredi lors d'une conférence de presse, ajoutant que le décès était une hypothèse sérieuse.

Mais malgré les nombreuses recherches menées sur place par la gendarmerie, qui ont mobilisé plus d'une cinquantaine de militaires, à grand renfort de plongeurs pour sonder les plans d'eau et appuyés par un hélicoptère, aucune autre trace de la famille disparue n'avait été découverte dans ce secteur.

Une information judiciaire avait été ouverte il y a une semaine contre X pour homicides volontaires, enlèvements et séquestrations.

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