Elle agace, Myriam Badaoui. Jusqu’au président pourtant d’humeur si égale depuis le début de cette audience difficile.

Elle agace parce que, une fois encore, elle est l’un des personnages centraux de l’affaire, et que tout compte fait, elle a peu de réponses à apporter. Pourtant c’est elle, la première, qui va accuser Daniel Legrand, identifier son père comme le chef du réseau pédophile, comme propriétaire d’un sexshop et le fils comme complice.

Le président lui rappelle : « devant le juge vous avez l’air d’être ulcérée par le fait que Daniel Legrand conteste les faits. Vous dites en mots crus : « il m’enculait pendant que le fils tenait le magasin ». »

Myriam Badaoui répond d’une toute petite voix : « c’étaient des mensonges. Je ne le connais pas. »

Le président insiste : « Madame, Daniel Legrand c’est vous qui en parlez la première et on ne sait pas d’où ça sort. On ne comprend pas d’où ça sort. » Pas de réponse

Le président revient à la charge : « vous comprenez Madame que c’est au cœur de notre dossier. » Bras croisés sur son ventre, Myriam Badaoui se mure dans le silence.

Le président perd patience : « une chose est de dire n’importe quoi mais une chose est de raconter n’importe quoi qui ait un peu près l’air d’être d’aplomb. Comment vous faites ces déclarations ? La vie des gens, la liberté des gens est en jeu. Comment vous pouvez être aussi désinvolte ? »

Myriam Badaoui a cessé de répondre.

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