Déjà poursuivi pour avoir molesté deux manifestants place de la Contrescarpe le 1er mai 2018, Alexandre Benalla écope de deux nouvelles mises en examen pour l'interpellation musclée d'un homme au Jardin des plantes. Des faits que l'ex-monsieur sécurité de l'Élysée conteste.

Alexandre Benalla écope de deux nouvelles mises en examen, pour l'interpellation musclée d'un homme au Jardin des plantes
Alexandre Benalla écope de deux nouvelles mises en examen, pour l'interpellation musclée d'un homme au Jardin des plantes © AFP / Alain JOCARD

C'était le 29 novembre dernier. L'interrogatoire, dans le bureau des juges parisiennes, a duré plus de 8 heures. 

Selon nos informations, Alexandre Benalla était en effet convoqué pour -possiblement- pas moins de 8 mises en examen supplémentaires. Les magistrates l'interrogent sur ce qui s'est passé au Jardin des plantes, trois heures avant les événements de la place de la Contrescarpe. Présent avec les forces de l'ordre en tant qu'observateur, en ce jour de manifestations plutôt tendues, Alexandre Benalla aurait interpellé brutalement, avec son comparse Vincent Crase, un homme de 36 ans. 

Khélifa M. aurait jeté des pierres sur les policiers, mais lui affirme avoir été frappé par les deux hommes, alors qu'il s'était réfugié dans le parc pour fuir les gaz lacrymogènes. Une vidéo montre le manifestant, fermement tenu par Alexandre Benalla et Vincent Crase, au milieu des CRS.

Les explications de l'ex-monsieur sécurité de l'Elysée, qui nie avoir commis toute violence sur Khélifa M., mais dit seulement avoir apporté son concours aux forces de l'ordre, n'ont donc pas convaincu les juges. Alexandre Benalla conteste les faits, mais se trouve désormais aussi poursuivi pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "violences en réunion". Khélifa M. avait, lui, obtenu 4 jours d'interruption temporaire de travail. Un point n'a pas été retenu cependant contre Alexandre Benalla : celui du port illégitime d'un brassard de police, pour lequel il a été placé sous le statut de témoin assisté. 

"Une soirée de franche rigolade"

Il échappe également à la mise en examen pour une autre interpellation, celle d'un couple, au Jardin des plantes, durant ce même après-midi du 1er mai : son rôle dans cette arrestation n'est pas établie, tandis que lui affirme qu'il n'était pas présent. 

Enfin, sur l'affaire du selfie  : Alexandre Benalla s'était pris en photo, en avril 2017, avec une arme, à côté d'une serveuse, dans un restaurant de Poitiers - le pistolet était factice, et ne lui appartenait pas, a-t-il expliqué. Selon nos informations, il a indiqué que la photo avait été prise pendant un moment de détente, une soirée de "franche rigolade" en fin de campagne.

Des explications convaincantes? A ce stade, en tous cas, les juges ont décidé de ne pas le mettre en examen pour détention d'arme illégale. 

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