L'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, au cœur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a été interpellé dimanche à Londres à la demande des juges parisiens, qui tentent de l'entendre depuis un an et demi.

L'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, un temps proche de Dominique de Villepin avant de se rapprocher des réseaux Sarkozy, a été interpellé dimanche à Londres
L'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, un temps proche de Dominique de Villepin avant de se rapprocher des réseaux Sarkozy, a été interpellé dimanche à Londres © Radio France / Franck FIFE

Cet intermédiaire financier a été arrêté à l'aéroport d'Heathrow en vertu d'un mandat d'arrêt pour "fraude" et "blanchiment d'argent". À l'issue d'une audience, ce lundi, devant un tribunal londonien, il a été placé en garde à vue et comparaîtra à nouveau mercredi afin de fixer une date d'audience d'extradition vers la France.

Les juges du pôle financier de Paris avaient fait perquisitionner sa villa en Suisse et l'ont convoqué pour audition en septembre 2016, mais l'homme d'affaire n'est jamais venu, d'où ce mandat d'arrêt émis récemment et qui devrait permettre le transfert de l'homme d'affaires en France dans les prochaines semaines.

Alexandre Djouhri est connu pour son carnet d'adresse

L'intermédiaire financier a des réseaux aussi bien dans les affaires - chez Veolia, Airbus ou Dassault - qu'en politique. Proche des réseaux Pasqua dans les années 90, il a navigué au sein de la droite, de Dominique de Villepin, dont il reste proche, à Nicolas Sarkozy.

Son nom apparaît dans un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy

Une opération immobilière à Mougins près de Cannes intrigue les enquêteurs. Elle aurait pu servir de couverture pour permettre au régime de Kadhafi de verser de l'argent à Djouhri en 2009. Pour quelle destination ensuite, l'enquête ne l'a pas encore établi mais si on ajoute que Djouhri a aussi aidé à faire sortir de France l'ancien dignitaire libyen Bechir Saleh en 2012 et qu'il est soupçonné d'avoir fait indirectement parvenir de l'argent à Claude Guéant : les fameux tableaux fantômes à 500 000 euros, on comprend que les juges d'instruction parisiens auront beaucoup de questions à lui poser.

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