Est-ce une histoire d’argent, ou de sentiments ? Les chiffres valsent depuis le début du procès. Mais derrière les millions d’euros, ce qui apparaît c’est un immense besoin d’amour et de reconnaissance. François-Marie Banier, enfant battu par son père, mal-aimé par sa mère (comme il l’a raconté dans « Balthazar fils de famille ») n’aime rien tant qu’aligner les chiffres (« je fais 3000 clichés par mois ») et les noms qui claquent (Beckett, Aragon, Yves Saint-Laurent).

Comme s’il tentait de combler l’immense faille narcissique originelle causée par cette absence d’amour parental. A cet égard, Liliane Bettencourt pourrait d’ailleurs faire office de mère de substitution : il lui aurait même demandé de l’adopter (ce qu’il conteste).

Du côté de Françoise, maintenant. Voilà une petite fille privée de sa mère pendant les trois premières années de sa vie : Liliane, atteinte de la tuberculose, est en sanatorium. On a connu plus simple comme débuts d’une relation mère-fille sereine. « Petite, on m’appelait la moule au rocher », ne cesse de répéter Françoise. Accrochée à cette mère fuyante, pour qu’elle ne puisse plus partir ? Françoise aussi a le mal de mère. Et c’est sans doute pourquoi l’argent et l’attention donnés à Banier lui font si mal. Quand les mots manquent (et visiblement c’est une famille où on ne se parlait pas beaucoup), l’argent sert de substitut aux sentiments.

Les prévenus n’ayant pas été entendus par un expert psychiatre (nous ne sommes pas aux assises), tout cela relève bien sûr de la plus pure hypothèse…

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