l’état et bouygues sont parvenus à un accord sur les 20% d’alstom
l’état et bouygues sont parvenus à un accord sur les 20% d’alstom © reuters

Les États-Unis utilisent-ils l'arme judiciaire pour faire plier certains groupes industriels ? Le député UMP Daniel Fasquelle a déposé mardi une demande de création d'une commission d'enquête parlementaire sur la vente de la branche énergie d'Alstom à GE.

Depuis plusieurs années, les autorités américaines enquêtent sur le groupe Alstom. Grâce à une fuite, le département américain de la Justice a appris que des pots-de-vins auraient été très certainement versés par Alstom en 2003 en Indonésie pour obtenir un contrat de 118 millions dans le cadre de la construction d’une centrale à charbon.

Les États-Unis ont-ils fait pression sur Alstom ?

Le FBI débolque des moyens considérables pour mener à terme ces investigations. Une vingtaine d’enquêteurs est mobilisée. Le 15 avril 2013, Frederic Pierucci, le vice-président monde de la division chaudière d’Alstom est interpellé aux États Unis. C’est dans ce contexte tendu qu’arrive la proposition d’achat de la société américaine Général Electric. Les États-Unis ont-ils fait pression sur Alstom pour accepter cette dernière ? Pour certains cadres du groupe, la réponse est clairement "oui".

Le député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, professeur agrégé de droit et ancien membre de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac, vient donc de déposer une demande de création d'une enquête parlementaire :

On peut se demander s'il n'y avait pas des procédures très lourdes qui menaçaient Alstom et ses dirigeants, et si les États-Unis n'utilisent pas l'arme judiciaire comme un moyen de chantage pour obliger des grands groupes étrangers à céder aux pressions des groupes américains qui finissent par les absorber.

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"On peut se demander s'il n'y avait pas des procédures très lourdes qui menaçaient Alstom"

(Propos recueillis par Emmanuel Leclère)

L’accord passé avec le groupe américain prévoit que Général Electric reprend la totalité du passif (y compris pénal) d’Alstom, donc les conséquences des poursuites judiciaires. Un passif que ne souhaitait pas récupérer en revanche l’autre repreneur possible, l’Allemand Siemens.

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