Il est le dernier à plaider dans une salle bondée et surchauffée, face à des esprits éprouvés par cinq semaines d’audience, face aux chaises vides des parties civiles. Pour Me Pierre Haïk, il n’est pas question que Patrice de Maistre soit le responsable de tous les maux de la famille Bettencourt.

Les parties civiles et l’accusation ont occulté le travail irréprochable accompli par Patrice de Maistre dans l’intérêt de Liliane Bettencourt mais aussi de la famille Bettencourt. Ils ont ignoré le respect qu’il avait pour celle qu’il appelait sa patronne.

(…) Ils ont aussi osé faire porter sur les épaules de Patrice de Maistre la responsabilité de décennies de fraude fiscale massive. Je refuse que Patrice de Maistre soit l’exutoire des tourments et des secrets de cette famille. Qui pourra nier qu’existe au sein de cette famille des non-dits, des blessures dans les relations mère-fille, un rapport complexe à la maternité ? Qui pourraient nier encore qu’une véritable omerta a été jetée pendant des décennies sur une fraude fiscale massive et organisée des Bettencourt ? Plusieurs centaines de millions ont été souscrits par la famille Bettencourt au fisc français. C’est pour vous dire que dans cette famille, il y avait à la fois la joie, le bonheur, l’argent et le cloisonnement. Jusqu’au dernier jour, Patrice de Maistre ignorera les onze autres comptes suisses cachés. En dépit de ces constats, on a cherché à faire de Patrice de Maistre le grand argentier de la fortune cachée des Bettencourt.

(…) Ce long procès s’achève aujourd’hui et commence pour vous le temps du délibéré. Celui au cours duquel vous reprendrez vos notes, votre dossier et vous vous souviendrez de nos échanges. Vous vous souviendrez que le manichéisme est le danger qui guettent les juges et que le doute est une vertu. Patrice de Maistre aura, quoi qu’il arrive, beaucoup perdu. Et il attend votre jugement avec angoisse et avec confiance.

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