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C'est le pendant ministériel de l'affaire dite des sondages de l'Elysée.

D'après le rapport de la cour des comptes (octobre 2011), des études d'opinion ou missions de conseil ont été achetées par les ministères de l'ancien gouvernement, de manière "pas toujours conformes aux règles de la commande publique", c'est-à-dire sans mise en concurrence.

La cour posait à nouveau la question du financement "sur deniers publics de sondage relatifs à l'image personnelle des ministres ou à des sujets éloignés de l'action du gouvernement". Ainsi en 2007 la ministre de la justice Rachida Dati veut savoir si elle est bien "volontaire, travailleuse, dynamique, tenace, ouverte au dialogue, à l'écoute des préoccupations des gens, rassembleuse". Jean-Louis Borloo, ex-ministre de l'écologie, et Hervé Morin, alors à la défense, ne sont pas en reste.Anticor, pour qui ces faits relèvent du favoritisme et du détournement de fonds publics, avait été à l'origine de l'ouverture d'une enquête préliminaire le 11 octobre 2012. Son avocat Jérôme Karsenti souhaite aujourd'hui qu'un juge d'instruction reprenne les investigations, si tant est qu'elles aient vraiment commencé.

Le juge Serge Tournaire, déjà en charge des sondages de l'Elysée, attendrait encore les résultats des perquisitions menées le 4 avril dernier chez Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy et à l'époque l'un des principaux prestataires choisis avec sa société Publifact. Le frein n'est vraisemblablement plus politique, mais sans doute à rechercher dans les moyens dont disposent les services enquêteurs.

Le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France et plusieurs syndicats de la place Vendôme dénoncent aujourd'hui dans un communiqué "l'état catastrophique du service public de la justice".

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