Après la spectaculaire évasion de Redoine Faïd dimanche, beaucoup de questions se posent. Le braqueur multirécidiviste, condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour un braquage raté qui avait causé la mort d'une policière en 2010, s'est enfui de la prison de Réau (Seine-et-Marne) à l'aide d'un hélicoptère.

L'hélicoptère Alouette II, qui a servi à l'évasion spectaculaire de Redoine Faïd de sa prison de Réau (Seine-et-Marne), a été retrouvé carbonisé à Gonesse quelques heures après la fuite du détenu
L'hélicoptère Alouette II, qui a servi à l'évasion spectaculaire de Redoine Faïd de sa prison de Réau (Seine-et-Marne), a été retrouvé carbonisé à Gonesse quelques heures après la fuite du détenu © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Après la spectaculaire évasion de Redoine Faïd hier, dont quelques images ont été filmées par un détenu, beaucoup de questions restent en suspens. Le braqueur récidiviste s'est évadé dimanche matin de la prison de Réau (Seine-et-Marne) par hélicoptère, avec la complicité d'un commando armé de fusils d'assaut. L'opération, sans coup de feu ni blessés, n'a duré qu'une dizaine de minutes. 

Deux hommes cagoulés ont découpé à la disqueuse la porte qui menait au parloir où se trouvait Redoine Faïd, avec son frère Brahim, actuellement en garde à vue. Un troisième homme est resté dans l'hélicoptère avec le pilote, un instructeur qui avait été pris en otage, et qui a été relâché en état de choc. 

Plan national de recherche déployé

Le commando est toujours en fuite : après avoir abandonné l'hélicoptère, retrouvé brûlé dans le Val d'Oise, et une première voiture, une Renault Mégane noire, les hommes ont pris la fuite vers le nord de la France à bord d'une camionnette. Le plan national de recherche est déployé, quelque 2.900 policiers et gendarmes sont mobilisés (sécurité publique, police judiciaire, police aux frontières, gendarmes...) et un signalement a été diffusé sur l'ensemble du territoire. 

Le parquet de Paris (compétent pour les faits de criminalité organisée) a ouvert une enquête pour évasion en bande organisée et association de malfaiteurs. L'enquête, confiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) ne fait que commencer, mais déjà, on s'interroge sur les complicités dont le braqueur a pu bénéficier. Déjà en 2013, Redoine Faïd avait donné du fil à retordre aux enquêteurs lors de sa première évasion de la prison de Lille.

Qui a donné le top départ pour que l'hélicoptère du commando se pose dans la cour d'honneur de la prison de Réau, au moment même où Redoine Faïd était au parloir avec son frère? Comment les malfaiteurs savaient-ils qu'il n'y avait qu'une porte et deux grilles entre cette cour et le parloir? Des drones avaient été repérés récemment au dessus de la prison, mais la précision de l'opération va forcément orienter l'enquête vers de possibles complicités en interne. 

Redoine Faïd était incarcéré au quartier d'isolement de Réau depuis novembre 2017. Après trois mois à Fleury, le temps de son procès en appel pour le braquage avorté, en 2010, qui avait coûté la vie à la policière municipale Aurélie Fouquet, il venait de regagner Réau le 19 avril dernier. 

Soupçon sur des soutiens corses

L'autre question est celle des soutiens à l'extérieur : planques, faux papiers, argent liquide, voitures, complices, la logistique nécessaire à une cavale se chiffre en dizaine de milliers d’euros par semaine. Qui a les moyens d'aider Faïd, et pour quelles raisons ?

Les enquêteurs devraient s'intéresser à la piste corse. Selon les informations du Monde, un repenti proche du gang de la Brise de mer a révélé récemment à la police que Faïd était entré en relation avec Jacques Mariani, l’héritier du clan.

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