L'attentat des Champs-Élysées a révélé un nouveau mode opératoire du groupe EI : la voiture piégée. Mais en réalité, les terroristes l'envisageaient déjà après le 13 novembre.

Attaque sur les Champs-Élysées le 19 juin 2017
Attaque sur les Champs-Élysées le 19 juin 2017 © Reuters / Eugenio Morcillo

Les services de renseignements avaient envisagé cette possibilité depuis longtemps, et pour cause : la voiture piégée constitue l'un des modes d'attaque de prédilection de l'organisation État islamique. Europol y faisait référence dans un rapport de décembre 2016.

Dans une nouvelle audition du 26 août 2016, que France Inter a pu consulter, Mohamed Abrini (celui qu'on a surnommé l'homme au chapeau après les attentats de Bruxelles et qui a participé aux préparatifs du 13 novembre) confirme : après les attaques de Paris, un autre projet terroriste était en préparation, à la voiture piégée cette fois.

"J'avais entendu que c'était le projet. Une voiture ou un camion bourré d'explosifs", raconte Mohamed Abrini au juge. "Comme les centaines de vidéos vues là-bas, les gens qui prennent un camion ...."

Mais l'arrestation de Salah Abdeslam va précipiter leur nouvelle attaque. Ce seront les attentats de Bruxelles et Zaventem, le 22 mars. Ces attaques, Mohamed Abrini ne voulait pas y participer, assure-t-il devant les juges : "J'étais contre les attentats". Salah Abdeslam aussi, selon lui. Mais ils ne sont pas seuls dans les planques terroristes. "On nous disait qu'il valait mieux qu'on travaille avec eux et qu'on aille jusqu'à la fin, qu'il ne fallait pas nous rendre", poursuit-t-il. "J'ai vu une interview de ma mère qui avait pris un avocat pour moi et qui espérait que je me rende. Mais j'étais avec d'autres personnes." En l'occurrence Najim Laachraoui et Mohamed Belkaid, coordonnateurs depuis la Belgique des attentats du 13 novembre et tués, le premier lors de la perquisition de la planque de Forest, le deuxième en kamikaze à l'aéroport de Zaventem.

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