En décembre dernier, le procès de l'ancien secrétaire d'État avait explosé en plein vol au quatrième jour d'audience. Ses avocats, dont Eric Dupond-Moretti, avaient obtenu un renvoi fracassant. Ce mardi matin, une nouvelle audience s'est ouverte : elle doit (en principe) durer cette fois quatre semaines.

George Tron en février 2012
George Tron en février 2012 © AFP / Lionel Bonaventure

C'était en décembre, l'année dernière : le procès de Georges Tron, poursuivi pour viols et agressions sexuelles, particulièrement houleux, s'était terminé en queue de poisson avec un renvoi au bout de quatre jours. Les avocats contestaient notamment la pression exercée par les militantes féministes sur les réseaux sociaux, en plein mouvement #metoo et deux mois après les débuts de l'affaire Weinstein.

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Le temps de trouver un nouveau créneau aux assises de Bobigny, les débats ont donc repris ce mardi matin, depuis le début, avec un nouveau jury, et un nouveau président. L'ancien, Régis de Jorna avait en effet été mis en cause par Eric Dupond-Moretti (l'avocat avait révélé un échange privé où le président se disait gêné, en tant qu'homme, de poser certaines questions).

Sur le banc des accusés, Georges Tron et Brigitte Gruel, son ancienne adjointe à la mairie de Draveil, dans l'Essonne. L'affaire avait éclaté en mai 2011, juste après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New-York. Georges Tron, qui était alors secrétaire d’État à la fonction publique, avait démissionné, tout en clamant son innocence. L'enquête avait mis au jour une habitude bien ancrée chez Georges Tron, celle de masser les pieds des femmes de son entourage féminin, sous couvert de réflexologie.

Des récits glaçants qui sont restés en mémoire

L'opinion publique a surtout retenu cette passion de Georges Tron pour les pieds... Mais ce n'est évidemment pas ce qui lui vaut son renvoi devant les assises, aux côtés de Brigitte Gruel. Deux anciennes employés de la mairie les accusent de viols et d'agressions sexuelles en réunion.

Lors du procès, l'an dernier, les plaignantes avaient longuement témoigné à la barre, jusqu'à la dernière audience en décembre. Dix mois plus tard, leurs récits restent marqués dans la mémoire.

Virginie Ettel, interrogée pendant près de 7 heures, avait raconté son embauche à la mairie, les premiers massages de pied au restaurant par Georges Tron. Puis deux scènes de viol et d'agression sexuelle, fin 2009 et début 2010. Un massage des épaules qui dérive en caresses et pénétration digitale, de la part des deux accusés. La plaignante avait raconté la sidération, l'impression qu'elle allait mourir, la culpabilité que son corps n'ait pas été en mesure de réagir.

Eva Loubrieu avait décrit des scènes similaires, en 2007, le plus souvent dans le bureau du maire. Un engrenage ritualisé, répété des dizaines de fois, disait-elle, comme si elle était une poupée de chiffon.

Le procès s'était arrêté au lendemain de ces témoignages, sans que Georges Tron n'ait le temps d'y répondre. Cette fois, la défense entend contester l'existence même de ces scènes sexuelles, pointer les contradictions et les mensonges des plaignantes. Pour l'ancien ministre, ses opposants politiques ont manœuvré contre lui pour l'abattre.

Quatre semaines d'audience ne seront pas de trop pour espérer approcher de la vérité. Les accusés encourent 20 ans de réclusion criminelle.

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