Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé ce mardi 9 juillet la relaxe des six prévenus, dont Bernard Tapie et le PDG d'Orange Stéphane Richard.

Bernard Tapie était poursuivi pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics".
Bernard Tapie était poursuivi pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". © AFP / Samuel Boivin

Il n'était pas à l'audience pour l'entendre, ce mardi. Poursuivi pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics", Bernard Tapie, 76 ans, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire de l'arbitrage contesté rendu en sa faveur dans le contentieux qui l'opposait au Crédit Lyonnais après la vente d'Adidas. "Aucun élément du dossier ne permet d'affirmer que la décision du tribunal arbitral est le résultat d'une fraude", ont écrit les juges, pour qui "les éléments constitutifs du délit d'escroquerie ne sont pas caractérisés"

Hervé Temime, avocat de Bernard Tapie a salué "un jugement d'une netteté exceptionnelle", rendu avec "une indépendance rare". "Mon cancer vient d'en prendre un sale coup dans la gueule", a réagi Bernard Tapie auprès du journal La Provence, dont il est l'actionnaire majoritaire.

Cette relaxe n'efface pas pour autant l'ardoise de l'homme d'affaires : pour ce même arbitrage, il a été définitivement condamné par la justice civile à rembourser plus de 525 millions d'euros, intérêts inclus. 

Stéphane Richard en larmes

Jugé pour "complicité d'escroquerie", l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde et PDG d'Orange Stéphane Richard a lui aussi été finalement relaxé. C'est en larmes qu'il a accueilli la décision du tribunal. Le parquet avait en effet requis contre lui trois ans de prison dont 18 mois ferme. Son avenir à la tête de l'entreprise n'est donc plus menacé. Il a réagi, à la sortie de l'audience : 

J’ai vécu pendant des années avec cette accusation contre moi dont je me suis toujours défendu avec la plus grande vigueur. Aujourd’hui, c’est un immense soulagement de voir mon innocence totalement reconnue par ce tribunal

Les juges ont penché dans le même sens concernant les quatre autres prévenus : Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie, le magistrat Pierre Estoup, ainsi que Jean-François Rocchi, l'ancien dirigeant du Consortium de réalisation (CDR) et Bernard Scemama, ancien président d'une autre entité chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais. 

Une saga qui dure depuis plus de 20 ans

Au cœur de ce procès qui a duré quatre semaines : l'arbitrage qui, en 2008, a permis à Bernard Tapie d'empocher 404 millions d'euros d'argent public afin de solder le litige qui l'opposait au Crédit Lyonnais dans la vente d'Adidas, 15 ans plus tôt. En 2015, l'arbitrage est annulé par la justice qui condamne alors l'homme d'affaires à rembourser la somme perçue.

"La décision du tribunal correctionnel quant aux poursuites pénales ne modifie en rien la situation de Bernard Tapie sur le plan civil, souligne François Lemasson, président du CDR, dans un communiqué. Bernard Tapie doit donc toujours les sommes indûment perçues qu’il a été définitivement condamné à payer".

En 2016, l'ancienne ministre Christine Lagarde a été condamnée par la Cour de justice de la République pour "négligence".

L'affaire Tapie s'échelonne sur deux décennies.
L'affaire Tapie s'échelonne sur deux décennies. © AFP / Sabrina Blanchard
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