Un hommage est rendu ce mercredi aux Invalides au lieutenant-colonel de gendarmerie qui, selon les mots de l'Élysée, a fait "don de sa vie pour protéger nos concitoyens" en se substituant à un otage lors de la prise d'otages de Trèbes vendredi. Portrait d'un homme dont cette marque d'héroïsme n'était pas la première.

Fleurs déposées devant la gendarmerie de Carcassonne en hommage à Arnaud Beltrame
Fleurs déposées devant la gendarmerie de Carcassonne en hommage à Arnaud Beltrame © Maxppp / Claude Boyer

Issu des commandos de l'Armée, puis des unités d'élite de la gendarmerie, Arnaud Beltrame était le chef adjoint d'un groupement départemental dans l’Aude. Mais son parcours est bien celui d'un officier des forces spéciales, capable d'engagement hors normes. Ce que l'on sait peu, car il n'en parlait jamais, c'est qu'il avait déjà fait preuve d'héroïsme à Bagdad en 2005.

Arnaud Beltrame commence chez les "para", à Draguignan en formation, puis à Tarbes. C'est déjà le deuxième cercle des commandos : il est capable de diriger une section "en profondeur" comme on dit, en terrain hostile. Il enchaîne avec l'École militaire interarmes à Coëtquidan, dans le Morbihan. Il en sort major, pour intégrer les forces spéciales, les parachutistes de la gendarmerie, l'EPIGN (intégré depuis par le GIGN).

Une médaille pour avoir sauvé des vies

C'est ainsi qu'il part en 2005 pour Bagdad, afin de sécuriser des diplomates et des ressortissants européens. La capitale irakienne est alors en train d'imploser : attentats, kidnappings, affrontements entre sunnites et chiites... Arnaud Beltrame se retrouve en septembre 2005 à devoir exfiltrer une militante pacifiste française, comme l'a révélé L'Obs.

La mission est toujours classée secret défense, avec un seul indice : la Croix de Valeur obtenue par Arnaud Beltrame en 2007. En langage militaire, elle récompense un coup d'éclat, autrement dit un acte de guerre, une ouverture du feu, pour sauver des vies. Le lieutenant-colonel Beltrame avait donc déjà, une première fois, appliqué l'un des principes des officiers de Coëtquidan et Saint-Cyr, et qui s'applique à leurs hommes et aux civils : "Ma vie vaut moins que la vôtre".

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