Ça fait trois ans, ce mercredi, que les reporters de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés et assassinés au Mali, dans la région de Kidal, par des hommes armés

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, enlevés et assassinés au Mali, dans la région de Kidal il y a trois ans
Ghislaine Dupont et Claude Verlon, enlevés et assassinés au Mali, dans la région de Kidal il y a trois ans © DR

Les deux corps ont été retrouvés deux heures après le rapt, le 2 novembre 2013, à 12 km de Kidal par des militaires français qui avaient été alertés de l'enlèvement. Aqmi avait revendiqué leur assassinat.

Trois ans après, l'enquête se traîne toujours et trois ans après, leurs familles et amis attendent désespérément des réponses. Trois ans après le drame, ce sont toujours les mêmes interrogations : qui sont les tueurs, qui sont les commanditaires, pour quels motifs.

Une attente insupportable, confie au bord des larmes Marie Solange Poinsot, la mère de Ghislaine : "J’en arrive des fois à penser que c’est l’armée qui les a tués, c’est dire. Parce que nous ne savons rien. On a avancé sur rien, ce qu’on nous a dit au départ on nous le dit plus aujourd’hui, on nous dit autre chose. C’est terrible".

Les nouvelles questions posées par un livre

Une question surtout agite aujourd'hui les familles et amis de Ghislaine et Claude : il y-a-t-il une relation entre l'assassinat des journalistes et les prises d'otages de français au Mali ? L'une des hypothèses retenues par l'association serait que le commando qui a enlevé et tué les journalistes aurait pu être impliqué dans les négociations alors en cours pour libérer Serge Lazarevic (qui a retrouvé sa liberté en 2014). Une phrase dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça", de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, donne un début de réponse.

Pierre Yves Schneider, porte-parole de l'association de soutien : "Le président, le 7 novembre, soit cinq jours après l’assassinat de Ghislaine et Claude, fait lui-même la relation entre ceux qui ont enlevé Lazarevic et ceux qui ont tué Ghislaine et Claude. Ce qui nous choque d’autant plus c’est qu’à chaque fois que nous avons suggéré une relation entre ces affaires d’otage et les assassinats de Ghislaine et Claude, nous avons obtenu un non catégorique". Un non catégorique que les amis et familles de Ghislaine et Claude n'accepteront plus.

La société des journalistes de RFI et celles d'une vingtaine d'autres médias ont souligné dans un communiqué commun que "les circonstances de la tragédie suscitent toujours autant d'interrogations. Et nous avons le désagréable sentiment que tout n'est pas mis en oeuvre pour faire éclater la vérité dans cette affaire". Même teneur dans le communiqué du SNJ, le Syndicat national des journalistes.

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