C'est la quatrième fois depuis la mise en place de l'opération que des militaires sont agressés. Mais l'opération évite-t-elle ou attire-t-elle des attaques ?

Soldat de l'opération Sentinelle au Louvre
Soldat de l'opération Sentinelle au Louvre © Maxppp / Bruno Levesque

L'opération Sentinelle est née il y a un peu plus de deux ans, après l'attaque de Charlie Hebdo. Depuis, si les pouvoirs publics saluent régulièrement leur efficacité, comme lors de l'attaque samedi à l'aéroport d'Orly, certains se demandent si, à l'inverse, la présence militaire ne renforcerait pas le risque d'attaque.

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Il faut dire que les militaires ont régulièrement été pris pour cible depuis deux ans : trois soldats agressés au couteau à Nice en 2015, quatre autres ciblés par un forcené à Valence l'année suivante, l'attaque à la machette du Louvre il y a un peu plus d'un mois et donc Orly ce week-end. Pour le Général Vincent Desportes, professeur de stratégie à Sciences-Po, c'est une nouvelle preuve de la contre-productivité de l'opération Sentinelle :

Sentinelle ne participe pas au renforcement de la sécurité des Français, en revanche il propose des cibles à ceux qui veulent s'en prendre aux forces de l'ordre. Si vous ne voulez pas être arrêté, vous allez attaque là où il n'y a pas de militaires, puisqu'ils sont visibles. En revanche, si vous voulez trouver des cibles, vous pouvez attaquer les militaires.

Pourtant le concept a évolué depuis deux ans : les soldats sont devenus mobiles, il n'y a pratiquement plus de militaires attachés exclusivement à la surveillance d'un lieu. Des patrouilles dynamiques qui permettent, selon le Colonel Benoît Brulon, de limiter les risques d'agression. Il est porte-parole de l'opération Sentinelle :

Les militaires sont au milieu de la population. La cible des terroristes est évidemment de frapper la population. Alors plutôt que des cibles, je pense que les militaires sont plutôt des remparts. Je ne pense pas que l'agresseur du Louvre avec sa machette, s'il n'avait pas croisé le chemin de la patrouille Sentinelle, serait rentré tranquillement chez lui...

Aujourd'hui, 7 000 soldats Sentinelles sont mobilisés sur le territoire, dont la moitié en Ile-de-France.

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