Ayoub El Khazzani quelques minutes après sa neutralisation
Ayoub El Khazzani quelques minutes après sa neutralisation © Cnn / Cnn

L'identité de l'auteur présumé de l'attentat déjoué du Thalys a été offciellement révélée : il s'agit d'Ayoub El Khazzani. Ce Marocain de 26 ans continue de nier les faits.

Le tireur présumé du Thalys réfute toute intention terroriste

Le Marocain est connu de plusieurs services de renseignements européens dont la France pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale. Selon les services de renseignements espagnols, après l’Andalousie, le tireur aurait séjourné en France en 2014. Il aurait même profité de son séjour pour faire un aller-retour vers la Syrie.

Ayoub El Khazzani se trouve depuis hier matin au siège de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et de la DGSI, à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine.Son identité a été confirmée grâce aux empreintes digitales.

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Le Marocain a commencé par nier tout projet terroriste, expliquant avoir trouvé par hasard des armes dont il a décidé de se servir pour détrousser les voyageurs du Thalys. C'est sont avocate, Me Sophie David, avocate au barreau d'Arras, qui a donné des précisions après s'être entretenu avec son client :

Quand je lui rappelle pourquoi il est là, il est médusé du caractère terroriste qui est attribué à son action. Il explique son geste uniquement par le besoin d'argent. Pour lui, il n'y a pas eu de coup de feu [...] il dit que la Kalachnikov n'a pas fonctionné et qu'il a été maîtrisé immédiatement sans qu'un coup de feu ait été tiré.

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Il raconte avoir trouvé "providentiellement" les armes

Ayoub el Khazzani est soupçonné d'avoir tiré dans un train Thalys reliant Amsterdam à Paris vendredi peu avant 18h. Selon les témoignages recueillis, un voyageur français souhaitant se rendre aux toilettes s'est retrouvé nez-à-nez avec un individu portant une Kalachnikov en bandoulière. Le passager tente de ceinturer le suspect mais ce dernier parvient à tirer plusieurs coups de feu, a indiqué samedi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Deux autres passagers de nationalité américaine réussissent finalement à l'immobiliser au sol et à le désarmer. Dans l'affrontement, un des deux Américains est blessé à coups de cutter et un passager franco-américain est touché par une balle. Le pronostic vital des deux hommes n'est pas engagé. Au cours de son entretien avec l'avocate à Arras, Ayoub el Khazzani "tombe des nues" à l'évocation des blessés et assure qu'"il ne s'est rien passé." Il raconte avoir trouvé "providentiellement" une valise contenant une Kalachnikov et un portable dans un jardin public à côté de la gare du Midi à Bruxelles où il a l'habitude de dormir avec d'autres sans-abris. Sur les conseils de plusieurs sans-abris, il monte à bord du Thalys dans l'idée de "rançonner" des passagers, rapporte son avocate. "Il pensait ensuite, en tout cas c'est ce qu'il déclare, tirer dans une vitre du train et sauter par la vitre pour s'échapper". L'avocate décrit un homme "très chétif, quelqu'un de très affaibli physiquement parlant, comme s'il souffrait de malnutrition, très très maigre et très hagard".

Le témoignage de Sophie David, l'avocate d'Ayoub el Khazzani

Dans une nouvelle conférence de presse, Anthony Sadler, un des trois héros américain, a tenu à répondre à l'avocate du principal suspect : "Il voulait dévaliser les gens ? On n'a pas besoin de huit chargeurs pour dévaliser un train."

Deux enquêtes sont menées: l'une par le parquet antiterroriste de Paris, dont la compétence est nationale, et l'autre par le parquet fédéral belge.

En Belgique, c'est l'état du terroriste présumé lors de l'assaut et ses réseaux qui intrigue

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Ces derniers, dont la bravoure est saluée de part et d'autre de l'Atlantique, sont invités demain matin, lundi, à l'Elysée par François Hollande. L'attaque a soulevé des interrogations sur la sécurité dans les trains français et transfrontaliers.

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