L'usine Airproducts de Saint-Quentin-Fallavier
L'usine Airproducts de Saint-Quentin-Fallavier © Radio France / France Bleu

Le principal suspect, présenté par le ministère de l'Intérieur comme Yassin Salhi, est toujours en garde à vue. Selon des sources proches du dossier, il aurait finalement reconnu avoir tué "sur un parking" son patron Hervé Cornara, 54 ans, l'homme retrouvé décapité sur place.

Yassin Sahli semble avoir commis un acte à double portée : le règlement de compte barbare et l'attentat. Il assassine son employeur avec qui il avait eu un différend deux jours plus tôt, et met en scène son crime avec les codes du groupe terroriste État Islamique, puis il fonce en voiture sur une réserve de gaz pour tenter, en vain, de mourir en martyr et provoquer une explosion dévastatrice. Entre les deux, il se prend en photo à côté du visage de sa victime et envoie le fichier à Sebastien, un Français parti l'an dernier en Syrie.

Si le caractère terroriste de cette attaque ne fait pas de doute , les enquêteurs ont maintenant besoin de savoir si Salhi a agi de sa propre initiative où s'il a répondu à un appel précis. L'analyse de ses ordinateurs et téléphones permettra de révéler s'il a été en lien direct avec des djihadistes ces dernières semaines, ou encore s'il a cherché à obtenir une revendication du groupe État islamique en envoyant la photo de son crime à son ami en Syrie.

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L'auteur présumé de l'attentat a été transféré dans la journée de Lyon à Levallois-Perret , où il est retenu dans les locaux de la sous-direction anti-terroriste. Son épouse et sa soeur, également interpellées vendredi, ont finalement été relâchées, tout comme le deuxième homme interpellé dans la même affaire.

 Attaque terroriste à Saint-Quentin-Fallavier en Isère
Attaque terroriste à Saint-Quentin-Fallavier en Isère © Radio France

Manuel Valls et la "guerre de civilisations"

Le Premier ministre est revenu sur l'attaque de vendredi en évoquant "une menace terroriste majeure" qu'il faudra combattre "dans la durée. "On ne peut pas réclamer immédiatement des résultats", assure Manuel Valls, rentré en urgence d'une visite en Amérique latine vendredi.

On ne peut pas s'habituer à la violence, à la barbarie, mais un responsable gouvernemental doit être lucide. Nous vivons sous une menace terroriste majeure, et elle va durer. Nous allons combattre dans la durée ce terrorisme, qui ne concerne pas uniquement la France, mais qui concerne d'autres pays d'Europe et le monde.

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"Nous allons combattre dans la durée ce terrorisme"

Au-delà de la mise en scène macabre et des liens identifiés du suspect avec des mouvances radicales, l'implication du groupe État islamique dans le drame reste à déterminer, ce dernier n'ayant lui non plus émis aucune revendication après l'attaque en France (contrairement à celles en Tunisie et au Koweit).

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