INFO FRANCE INTER - Après une première fin de non recevoir, le juge d'instruction en charge du dossier de l'attentat raté du Thalys, le 21 août 2015 prévoit désormais l'organisation d'une reconstitution en septembre prochain, accédant ainsi à la demande du djihadiste lui-même.

Police belge à Bruxelles le 14 novembre 2015
Police belge à Bruxelles le 14 novembre 2015 © AFP / LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA MAG / Belga

C’est une reconstitution judiciaire prévue pour le mois de septembre prochain à l’initiative du juge d’instruction en charge du dossier, mais à la demande d’Ayoub El-Khazzani, lui-même.

Car si le principal mis en examen de ce dossier - ce Marocain de 29 ans arrivé peu de temps avant de Syrie-, reconnaît être monté à bord du Thalys, armé d’une kalachnikov et d’une arme de poing dans le but d’y semer la mort, il affirme en revanche avoir lui-même renoncé à cet attentat, en quelque sorte.

Bloqué par le “sourire” d’un passager qu’il croise au moment où il sort des toilettes, incapable de tirer dans la tête de l’une de ses cibles. Dans un interrogatoire que nous vous révélions récemment, il explique s’être laissé maîtriser par les soldats américains qui ont été décorés depuis.

Une première demande refusée... à cause du film

Et le djihadiste entend le montrer en gestes et en actes au juge d’instruction. Une première demande de reconstitution, introduite par l'avocat d'Ayoub El-Khazzani, Me Sarah Mauger-Poliak, avait d’ailleurs été refusée en février 2018 par le précédent magistrat en charge du dossier. Au motif que le film, Le 15h17 pour Paris, réalisé par Clint Eastwood et qui retrace ces événements du 21 aout 2015, l’avait devancé, en quelque sorte. Le juge d'instruction indiquait alors: "La réalisation d'un film retraçant les faits (...) est de nature à entraîner (...) une confusion des genres incompatible avec la recherche de la vérité."

Cette fois, c’est une analyse différente qui est faite et qui donne droit à la demande d’Ayoub El-Khazzani. Reste que les délais pour organiser cette reconstitution, si elle a bien lieu en septembre comme envisagé, sont courts. Car il faudra sans doute convoquer les soldats américains, convier ce passager dont le sourire a peut-être fait basculer les choses, ainsi que les principaux témoins de cette scène violente, mobiliser un wagon de la SNCF garantir les conditions de sécurité optimales, nécessaire à ce type d’affaires. Pour ce qui sera sans doute l’un des derniers actes d’enquête avant le renvoi devant la cour d’assises spécialement constituée.  

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