Ce que l'on sait des terroristes
Ce que l'on sait des terroristes © idé

La police a diffusé dimanche soir la photo du troisième kamikaze du Stade de France. Les enquêteurs ont également isolé l'ADN de la troisième personne morte dans l'appartement de Saint-Denis mais il ne correspond à personne de répertorié.

La police a lancé ce dimanche un nouvel appel à témoins afin d'identifier "le troisième auteur décédé d'un des attentats commis le 13 novembre au Stade de France".

Appel à témoin pour le 3e kamikaze
Appel à témoin pour le 3e kamikaze ©

On sait depuis vendredi que les empreintes de cet homme correspondent à celles d'un homme contrôlé en Grèce le 3 octobre dernier. Le procureur de la République, François Molins a expliqué que les empreintes de cet homme, qui s'est fait exploser à 21h30 rue Rimet, porte H, à Saint-Denis, ont été été formellement identifiées comme étant celles d'un individu dont les empreintes ont été relevées lors d'un contrôle en Grèce le 3 octobre 2015.

Lors de ce même contrôle avaient été relevées les empreintes de l'autre kamikaze toujours non identifié, mais qui était porteur d'un faux passeport syrien. Pour ce deuxième homme dont on ignore l'identité et la nationalité, la police a publié un appel à témoins mardi.

Nouveau appel à témoins
Nouveau appel à témoins © radio-france

D'autres assaillants n'ont pas été identifiés

Il y a l'homme, mort en kamikaze dans l'appartement de Saint-Denis. Les enquêteurs ont isolé son ADN mais il ne correspond à personne dans le fichier des empreintes génétiques donc il n'a jamais été mis en cause par la police française

S'agit-il là aussi d'un homme passé par la Grèce parmi les réfugiés fuyant la guerre en Syrie, comme c'est le cas pour deux des trois kamikazes du Stade de France ou tout simplement d'un homme qui ne s'était jamais fait remarquer ?

On ne sait pas encore si cet homme a eu un rôle direct dans les attentats et s'il s'agit du troisième homme du commando qui a mitraillé les terrasses de cafés et restaurants en se déplaçant dans une Seat noire.

L'identification du troisième kamikaze du Bataclan est toujours en cours.

Ce qu'on sait des premiers kamikazes identifiés

Omar Ismaïl Mostefaï était Français et avait 29 ans. Il a participé à la prise d'otages sanglante dans la salle de spectacle du Bataclan. Né à Courcouronnes en Essonne, il était fiché pour sa radicalisation islamiste depuis 2010. Il se serait radicalisé à Chartres, où la police l'a repéré en 2010. Selon le procureur de Paris, François Molins, il n'avait "jamais été impliqué" dans un dossier terroriste. Pour le moment, les enquêteurs tentent de savoir s’il a bel et bien séjourné en Syrie entre 2013 et 2014. Ce petit délinquant a été condamné à plusieurs reprises pour des délits de droit commun entre 2004 et 2010, sans jamais avoir séjourné en prison.

La Turquie a affirmé lundi avoir mis en garde à deux reprises en un an (en décembre 2014 et juin 2015) la France au sujet d'Omar Ismaïl Mostefaï. Le responsable gouvernemental turc précise que la Turquie n’a jamais eu de retour de la France après ce signalement.

Samy Amimour, un homme de 28 ans originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis) était l'un des assaillants du Bataclan. Il avait été interpellé, mis en examen et placé sous surveillance fin 2012 pour association de malfaiteurs terroristes. Sauf que l'année suivante, Samy Amimour s'enfuyait pour la Syrie. Depuis un mandat d'arrêt international a été délivré contre lui. Son père s'était rendu l'année dernière en Syrie pour tenter de le convaincre de rentrer en France. En vain.

Samy Aminour était donc visé par un mandat d'arrêt international, ce qui pose une question: comment a-t-il pu rentrer en France sans éveiller de soupçons ?

Bilal Hadfi , un Français de 20 ans résidant en Belgique dans le quartier de Molenbeek, est l'un de ceux qui se sont fait sauter près du Stade de France. Il était connu de la police belge mais pas des autorités françaises. Bilal Hadfi se serait rendu en Syrie.

Brahim Abdeslam , âgé de 31 ans, s'est fait exploser boulevard Voltaire, ne tuant que lui même. Lui aussi Français et résidant à Molenbeeke, il aurait loué la Seat noire en Belgique. Brahim, c'est l'un des frères Abdeslam, une fratrie sur laquelle se sont concentrés les enquêteurs qui recherchent l'un de ses frères et ont innoncenté le troisième.

Appartement de Saint-Denis : deux des trois personnes identifiées

Les fouilles dans les décombres de l'appartement de Saint-Denis et les autopsies ont permi de confirmer, vendredi matin, après comparaison d'empreintes digitales, que la femme dont le corps a été retrouvé dans l'immeuble est bien Hasna Ait Boulahcen. Identifié également son cousin, le Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attaques meurtrières.

Il est recherché

Salah Abdeslam a loué plusieurs voitures du commando, sa carte a servi à payer des hôtels. La justice belge a émis un mandat d'arrêt international contre cet français résidant en Belgique, frère de l'un des kamikazes.

Samedi matin, une voiture avait été contrôlée par des gendarmes français près de la frontière belge. A son bord, les deux hommes inculpés lundi en Belgique - et qui ont dit être venus l'exfiltrer - et un troisième muni des papiers d'identité de Salah Abdeslam. N'étant pas encore recherchés, ils avaient pu poursuivre leur route.

Appel à témoin
Appel à témoin © Police nationale

Le véhicule avait été intercepté ensuite dans l'après-midi à Molenbeek mais Salah Abdeslam n'était plus parmi ses occupants.

Ils sont inculpés en Belgique ou mis en examen en France

Mohammed Amri et Hamza Attou , les deux ressortissants belges originaires de Molenbee, qui ont raccompagné en France Salah Abdeslam ont été inculpés lundi soir par la justice belge pour "attentat terroriste" et "participation aux activités d'un groupe terroriste" puis placés en détention provisoire. En garde à vue ils ont reconnu avoir déposé Salah Abdeslam, qui se trouvait avec eux lors du contrôle, samedi matin dans Bruxelles, mais leurs versions divergent sur le lieu où le suspect a été déposé.

Un autre hommes, dont le nom et le rôle n'ont pas été communiqués, a été inculpé vendredi pour participation à des attentats terroristes et aux activités d'une organisation terroriste.

Un Belge d'origine marocaine, Ahmad Dahmani, 26 ans, a par ailleurs été arrêté samedi en Turquie, dans un hôtel de la station balnéaire d'Antalya, où il était arrivé le 14 novembre en provenance d'Amsterdam. Les policiers turcs étudient ses éventuels contacts avec les assaillants de Paris.

En France , la garde à vue de Jawad Bendaoud, qui a fourni l'appartement où s'est replié Abaaoud à Saint-Denis, a été prolongée dimanche, de manière exceptionnelle, au-delà de quatre jours, pour 24 h. Ce n'est possible qu'en cas de menace d'attentat ou pour des questions de coopération internationale.

Sont également recherchés

Selon plusieurs médias, il y aurait aussi un autre terroriste en fuite, un certain Baptiste Burgy , un français de 32 ans qui actuellement recherché en Italie.

Les enquêteurs s'intéressent également àFabien Clain, 35 ans. Ce français qui devrait se trouver en Syrie, a revendiqué les attentats au nom de l'organisation Etat Islamique dans un enregistrement où l'on entend sa voix. Proche de l'auteur Mohamed Merah, Clain avait été condamné en 2009 à cinq ans de prison pour avoir été l'un des organisateurs d'une filière d'envoi de combattants islamistes en Irak.

La voix de son frère Jean-Michel a également été identifiée dans les chants accompagnant cet enregistrement.

Vendredi, plusieurs armes de guerre ont été saisies et un homme a été placé en garde à vue vendredi à La Ferté Macé dans l'Orne, selon le parquet, après une autre perquisition administrative jeudi à Alençon qui a conduit à une assignation à résidence, selon la préfecture. Selon une source proche du dossier, la perquisition à Alençon concernait une cousine de Fabien Clain,

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