Le Raid en opération à Saint Denis
Le Raid en opération à Saint Denis © capture d'écran

Les opérations du Raid dans cette ville de Seine-Saint-Denis où un assaut a commencé vers 4 heures sont terminées. Il y a deux morts, une femme kamikaze qui s'est fait exploser et un homme abattu par le Raid. Sept personnes sont en garde à vue L'assaut s'est terminé à 11h30, mais les opérations de sécurisation sont toujours en cours.

L'opération policière a commencé peu après 4 heures ce matin dans cette ville de Seine-Saint-Denis. Les hommes du Raid ont investi un immeuble ancien de la rue de la République. Une fusillade très nourrie a commencé à 4h25 entre les hommes du Raid et des personnes non identifiées. Les tirs d'armes automatiques ont duré au moins une heure.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henri Brandet raconte l'assaut à Emmanuel Leclere

Ça a été d'une violence inouïe. Il a fallu un engagement hors normes des policiers du RAID appuyés par ceux de la BRI pour mettre hors d'état de nuire ces terroristes

Le parquet de Paris a confirmé la mort d'une femme kamikaze qui a activé son gilet explosif au début de l'assaut. Il y a également une autre personne décédée.

Trois hommes, qui étaient retranchés dans l'appartement, ont été extraits par les policiers du RAID, l’un d’eux aurait été hospitalisé dans un état grave. Deux autres gardes à vue sont en cours pour des personnes qui étaient dans l’immeuble, à proximité de l’appartement. Arrêtés également le logeur et l'un de ses amies. Au total, on annonce sept gardes à vue. Cinq membres du Raid ont été légèrement blessés au cours des échanges de tirs.

C'est Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attentats qui était ciblé dans cette opération.

Une deuxième opération a ensuite eu lieu visant un immeble proche du premier et où aurait pu se trouver un sixième habitant de l'appartement de la rue de la République.

François Molin, le Procureur de Paris , venu sur les lieux peu après midi avec le ministre de l'intérieur, a expliqué pourquoi les enquêteurs ont mené l'assaut :

La téléphonie, les surveillances et les témoignages des éléments qui pouvaient laisser penser que le nommé [Abdelhamid] Abaaoud était susceptible de se trouver dans un appartement conspiratif àSaint-Denis.

Mais quant à savoir si Abdelhamid Abaaoud était sur place, le procureur de Paris ne veut pas se prononcer pour l'instant :

Il est en l'état impossible de vous donner les identités des deux personnes tuées et des sept interpellées. Tout sera fait pour savoir qui est qui et en fonction de quoi on vous dira qui se trouvait dans l'appartement.

Selon Reuters, les suspects de Saint-Denis voulaient attaquer La Défense

Selon une source policière de l’agence de presse Reuters, les djihadistes présumés projetaient un attentat dans le quartier d'affaires de La Défense. La police aurait agi sur la base d'informations de la SDAT (les services antiterroristes).

Le centre-ville de Saint-Denis paralysé

Les transports publics : 20 lignes de bus, le tramway et la ligne 9 et 13 sont stoppées. Il est demandé aux habitants de ne pas sortir. Écoles et collèges du centre-ville seront fermés ce mercredi.

Abdelhamid Abaaoud est présenté comme le cerveau présumé

Le commanditaire des attentats serait un belge de 28 ans qui a rejoint Daesh en Syrie il y a deux ans .

Abdelhamid Abaaoud s'était mis en scène dans une vidéo filmée en Syrie
Abdelhamid Abaaoud s'était mis en scène dans une vidéo filmée en Syrie © Ap/Sipa

Abdelhamid Abaaoud a grandi dans le quartier de Molenbeck, il fréquente les frères Abdeslam. Brahim le kamikaze du boulevard Voltaire, et Salah actuellement en fuite avec qui il est condamné en 2010 pour braquage. A partir de 2013, Abaaoud commence à se faire connaître en Syrie sous le nom Abou Omar.

Il apparait dans des vidéos parfois sanguinaires et devient un agent recruteur.

La justice belge l'a condamné à 20 ans de prison. Sa plus jeune recrue est son petit frère qu'il a enlevé alors qu'il avait 13 ans car Abaaoud – qui s'en est vanté dans la revue du groupe Etat islamique - continue de voyager entre la Syrie et l'Europe. En janvier il s'échappe lors du démantèlement de la cellule de Verviers. Abaaoud cherchait à planifier des attentats en Belgique ou en France. Il était lié à Mehdi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles, ainsi qu'au tireur du Thalys.

Son ombre plane également sur d'autres dossiers. Dernièrement en août, un jeune interpellé à Paris a raconté qu'il n'avait pu sortir des griffes de Daech à Raqqa qu'en lui faisant la promesse de venir frapper une salle de concert de rock.

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