On le sait, l'auteur des attaques qui ont coûté la vie à quatre personnes faisait l'objet d'un suivi, fiché "S" depuis 2014. Sa surveillance avait été réactivée en septembre. Et on l'a appris ce mardi, le jeune homme de 25 ans avait été convoqué par la DGSI.

Police scientifique sur les lieux de l'attentat du 23 mars 2018 à Trèbes
Police scientifique sur les lieux de l'attentat du 23 mars 2018 à Trèbes © AFP / Eric Cabanis

Une convocation lancée début mars par les agents de la DGSI dans la région (selon nos informations). Elle est en fait purement administrative, adressée généralement à des suspects dont la DGSI pense qu'ils ne présentent pas, justement, de signes de radicalisation violente. Sauf que ce type de convocation présente, forcément, un risque de passage à l'acte si la personne concernée y voit le signe qu'il a été "repéré".

Cette convocation a-elle provoqué un déclic psychologique ? Il n’y aura peut-être jamais de réponse, mais c'est un risque que connaisse bien les agents. Ce qui est sûr, c'est que la détection de Radouane Lakdim a bien eu lieu. Dès 2013, c'est la DGSI qui avait assuré les premières vérifications dans une région déjà très sensibilisée aux risques djihadistes (départs vers l’Irak et la Syrie) et terroristes (Ariège, Toulouse avec l'affaire Merah, Lunel). Au moment de sa convocation, Radouane Lakdim était en contact avec un radicalisé connu des services de renseignement et de la justice.

Une surveillance parmi tant d'autres

Il avait réussi, une première fois, à se faire oublier. Mais en septembre 2017, il s'est à nouveau fait repérer sur les réseaux sociaux, via son compte Facebook notamment, selon nos informations. Il communiquait alors avec une personne déjà dans les radars des services de renseignement. Ces derniers ont donc déclenché une nouvelle surveillance électronique et physique par des agents DGSI de la région Occitanie.

Jusqu'à quel point ? Combien de jours ? Impossible à dire pour l’instant, mais on sait qu'ils ont bien d'autres surveillances, et pas seulement pour les islamistes radicalisés...

Selon plusieurs sources, Radouane Lakdim n'a présenté aucun des critères actuels de détection de la menace djihadiste. Il a donc su passer en-dessous des radars, surtout s'il s'est décidé à frapper la veille de son acte.

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