Cinq ans après "Charlie", le procès des attentats de 2015 s'est ouvert ce mercredi matin, avec un dispositif exceptionnel.

Dispositif de sécurité exceptionnel au tribunal de Paris.
Dispositif de sécurité exceptionnel au tribunal de Paris. © AFP / Alain JOCARD

Le tribunal judiciaire de Paris, dans le quartier des Batignolles, s'est transformé en forteresse. À procès exceptionnel, dispositif de sécurité exceptionnel. Toute personne, avocat, journaliste accrédité, partie civile, qui pénètre dans le périmètre de sécurité où se situe la salle d'audience et trois autres salles dédiées à la retransmission de ce procès historique, doit se soumettre à plusieurs fouilles et contrôles d'identité. 

Un à un, avocats des parties civiles et de la défense - ils sont près d'une centaine au total - passent les différents points de sécurité. Puis viennent les survivants de Charlie Hebdo, les proches des victimes décédées. Et enfin, les accusés. L'un deux comparaît libre : contre lui, le caractère terroriste des infractions qui lui sont reprochées n'a pas été retenu. Les autres arrivent masqués, menottés, sévèrement encadrés par les forces de l'ordre. Ils sont 11 hommes, au total, à s'installer dans la salle d'audience. Trois autres accusés, Hayat Boumeddiene, veuve du terroriste de l'Hyper Cacher Amedy Coulibaly, et les frères Belhoucine, dont l'un deux est jugé pour complicité d'assassinats terroristes, sont en fuite. Ils seront néanmoins jugés en leur absence. 

"L'audience est ouverte"

Puis soudain, le silence devient absolu. La cour fait son entrée. D'emblée, le président Régis de Jorna tient à préciser deux points : "le port du masque est obligatoire et ne souffrira aucune dérogation, y compris lors des prises de parole", rappelle le président de la cour d'assises spécialement composée. "Deuxièmement, poursuit-il, le premier président de la cour d'appel a autorisé l'enregistrement des débats.

Un à un, les accusés sont invités à décliner leur identité et profession : "ambulancier", "_auto-autrepreneur dans le textil_e", "gérant d'une carrosserie automobile", "boulanger". Âgés de 30 à 67 ans, la plupart sont détenus depuis plus de cinq ans dans ce dossier. Ils encourent des peines allant de dix ans de prison à la réclusion à perpétuité. 

"Nous allons procéder à l'appel des parties civiles"

Elles sont 200 personnes, proches de victimes décédées, blessées lors de ces attentats, traumatisées, à s'être constituées parties civiles dans ce procès. Plusieurs ont fait le déplacement pour cette première journée d'audience. On a ainsi vu arriver dans la salle l'équipe survivante de Charlie Hebdo. Tous se sont longuement étreints, dans un moment d'émotion palpable.