Samir Bouzid et Soufiane Kayal
Samir Bouzid et Soufiane Kayal © Police fédérale belge

Alors que les trois commandos du 13 novembre se préparent à mener leurs attaques à Paris, à Bruxelles, deux coordonnateurs s'apprêtent à remplir un rôle crucial : celui de piloter, en temps réel, les actions terroristes.

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Il est aux alentours de 20 heures 30, Salah Abdeslam vient de déposer trois kamikazes à proximité du Stade de France. Les trois hommes n'ont pas de billet pour le match France-Allemagne qui se joue ce soir là. Ils tentent donc de resquiller. En vain. Ils appellent alors deux contacts : Abdelhamid Abaaoud - encore dans leur planque de Bobigny mais qui s'apprête à mettre le cap vers les terrasses du 10e arrondissement. Et un numéro belge.

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Derrière ce téléphone : un homme, dont le rôle est fondamental. Il va coordonner le commando du stade de France et celui des terrasses. A ses côtés, un complice : lui est en ligne avec les terroristes du Bataclan. 25 contacts sont échangés avec Samir Amimour, Ismaël Mostefaï et Foued Mohamed Aggad, jusqu'à ce dernier SMS de 21 heures 42 : "On est parti, on commence". Le téléphone finit dans une poubelle devant la salle de concert.

Ces deux hommes, on le sait désormais, sont Mohamed Belkaïd et Najim Laachraoui, alias Samir Bouzid et Soufiane Kayal. Tous deux ont été contrôlés, avec Salah Abdeslam, le 9 septembre 2015, à la fontirère entre la Hongrie et l'Autriche.

"Samir Bouzid", l'homme des 750 euros

Le nom de Samir Bouzid - dont on sait maintenant qu'il est Mohamed Belkaïd, Algérien de 35 ans - apparaît ensuite dans le dossier, après les attentats. Car c'est lui qui se charge d'aider Abdelhamid Abaaoud, le chef des commandos. Samir Bouzid contacte ainsi Hasna, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud et lui envoie un mandat de 750 euros en échange d'un appartement, en témoigne les écoutes téléphoniques d'Hasna :

Samir : Salam Aleykoum

  • Hasna : Ah c'est bien. Aleykoum Salah. C'est très bien là. Je suis en train de faire la queue là. Je suis ... Attends, attends 2 secondes.

  • Hasna parle à la guichetière : Bonjour, en fait c'est pour un mandat cash. En fait, on m'a envoyé de l'argent de la Belgique. C'est quoi, c'est un Western Union ?

  • Samir : Western Union oui.

  • Hasna : il faut un code elle a dit la dame. (...) Attends, attends. Hasna parle à la guichetière : Ah, c'est mort ? Pourquoi? Ah, c'est 18h. (...) Mais il est 18h madame. Il doit y avoir une exception. Monsieur, je suis venue avant 18h, ça se fait pas comme même je suis venue de loin. Je suis venue avant 18h. Bah là, il est 59 monsieur, il reste 1 minute. Voilà, donc je suis désolée.

Plus tard, Samir Bouzid s'assure qu'Hasna va bien emmener Abdelhamid Abaaoud depuis le buisson où il se cache à Aubervilliers jusqu'à l'appartement de Saint-Denis où il mourra dans l'assaut du Raid.

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Il poursuit ensuite vraisemblablement son rôle de soutien logistique auprès de Salah Abdeslam puisqu'on le retrouve dans le même appartement de Forest d'où Salah Abdeslam s'enfuit avant d'être arrêté à Molenbeek et où lui-même est tué par les forces de l'ordre.

"Soufiane Kayal", de la Syrie aux planques belges

Les traces de Najim Laachraoui, alias Soufiane Kayal, elles apparaissent dans deux logements utilisés par les terroristes du 13 novembre. C'est sous sa fausse identité de Soufiane Kayal qu'est louée la maison d'Auvelais, près de Namur. Ses traces ADN y sont également retrouvées par les enquêteurs belges lors de leur perquisition le 26 novembre 2015. L'ADN du deuxième coordonnateur des attentats apparaît également dans l'appartement de Schaerbeek, rue Henri Bergé, également utilisé par les terroristes, et où des explosifs sont retrouvés.

Avant cela, le Belge né le 18 mai 1991, s'était rendu en Syrie en février 2013. Il en est probablement revenu dans la perspective des attentats parisiens, puis de Bruxelles. Najim Laachraoui a été identifié comme l'un des deux kamikazes de l'aéroport de Zaventem le 22 mars.

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