minute de silence rue de Charonne
minute de silence rue de Charonne © MaxPPP

Les parties civiles des attentats du 13 novembre sont reçues ce mardi et sur trois jours, par les six juges d'instruction en charge du dossier. C’est une première, et les attentes sont nombreuses.

Les familles des victimes, les blessés, leurs avocats, et les associations de parties civiles ont rendez-vous à l’Ecole militaire à Paris. Cela représente plus d’un millier de personnes. Les réunions vont s’étaler sur trois jours. Ce mardi, ce sont les familles des victimes des terrasses et du Stade de France qui sont attendues, pour trois heures d’échange. Mercredi, ce seront les familles des victimes du Bataclan.

De fortes attentes, et de l'appréhension

Ce rendez-vous est une première pour les victimes et leurs familles. Elles en attendent beaucoup, mais appréhendent également.

"Les journées vont être éprouvantes, il y aura forcément des déçus. A ce niveau-là, je me sens très démunis ". Jean-François Mondeguer, père de Lamia, tuée sur la terrasse de la Belle Equipe .

Certains ont des questions aussi précises que délicates, et veulent aller plus loin, au-delà du simple déroulé de la soirée du 13 novembre. Emmanuel Domenach de l'association de victimes 13 novembre Fraternité et Vérité, veut par exemple comprendre comment la cellule a pu se monter, se financer, se fournir en armes.

Charlotte Piret, du service Enquêtes-Justice de France Inter, a recontré des proches de victimes.

Qu’est-ce qu’être "victime" des attentats aux yeux de la justice ?

Un millier de personnes sont reconnues parties civiles par la justice, parce qu'elles ont perdu un proche, ont été blessées ou traumatisées par les attentats. Ce statut permet d'avoir accès au dossier pénal et, le jour venu, d'être représenté au procès. Mais cela n’est pas accessible à tous : pour figurer sur la liste unique des victimes, établie par le parquet, encore faut-il prouver qu'on était sur les lieux du drame.

"Quand on est au Bataclan, on a un billet. Quand on est au restaurant avec des amis, on a le témoignage de ces amis. Mais il y a tous ces gens qui étaient dans la rue, il y a pour eux une vraie complexité. Sur les personnes qui ont un traumatisme psychologique, parfois on va nous parler d’"impliqués", parfois de "choqués". On est dans une situation telle que certains nous disent qu’ils auraient préféré prendre une balle, car cela aurait été plus simple pour établir leur situation de victime ". Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fenvac , fédération des victimes d'accidents collectifs.

Selon le parquet, seule une dizaine de constitution de parties civiles ont été refusées à ce jour, essentiellement des passants dans les rues de Paris ou des voisins du Bataclan par exemple. La liste unique victimes, elle, n'est pas encore close ; elle totalise déjà plus de 1800 personnes.

"Être victime selon la justice". Reportage de Charlotte Piret, du service Enquêtes-Justice de France Inter.

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