Sa photo, couronne de fleurs sur la tête, la devise de Paris - Fluctuat nec mergitur - qu'elle s'est fait tatouer sur le bras, avait fait le tour des médias. Alexandra, 32 ans, s'était même faite porte-parole des victimes des terrasses des attentats du 13 novembre. En réalité, elle n'en était pas une.

 Alexandra D., qui prétendait avoir été blessée au bar du Carillon le 13 novembre 2015, s'était fait tatouer la devise de Paris
Alexandra D., qui prétendait avoir été blessée au bar du Carillon le 13 novembre 2015, s'était fait tatouer la devise de Paris © AFP / Joël Saget

Alexandra D., ex-assistante intérimaire en communication chez L’Oréal, devait comparaître ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie et faux témoignage. Un procès finalement reporté au 2 octobre prochain.

Un récit fluctuant

Dès le lendemain et sur les lieux des attentats, Alexandra D. raconte à une journaliste de CNN notamment, comment elle devait rejoindre deux amis, Raphael et Nohémie, au bar Le Carillon ce soir là. Mais, elle change d'avis au dernier moment, rejoint un autre bar. Ses amis sont tous les deux décédés, explique-t-elle.

À peine un mois plus tard, le 14 décembre 2015, la jeune femme porte plainte. Elle était, elle aussi, à la terrasse du Carillon avec ses amis, raconte-elle alors. "Le corps de Raphaël est tombé sur moi". Elle précise même : "j'ai pu croiser le regard d'un des tireurs, j'ai pu voir le sang froid, comme une machine déterminée". À l'époque, elle explique ne pas avoir été blessée : "physiquement, je n'ai rien eu sauf une entorse du ligament du pouce gauche, c'est rien du tout".

Mais sur ce point aussi, son discours évolue. Peu de temps après, elle raconte une blessure par balle au niveau du coude et dont l'opération lui aurait laissé une cicatrice de 6 centimètres, cicatrice non loin de laquelle elle s'est fait tatouer la devise de Paris, Fluctuat nec Mergitur.   

Procès pour escroquerie et faux témoignage

La jeune femme s'expose, adhère à l'association de victimes, Life for Paris. Et perçoit même 20 000 euros du fonds de garanties des victimes de terrorisme. Cette fois c'est devant le tribunal correctionnel qu'elle devra s'expliquer. Après un premier renvoi de l'audience en comparution immédiate en juin dernier, elle a été placée sous contrôle judiciaire avec obligation de soins psychiatriques. 

Une quinzaine de personnes ont déjà été condamnées pour s'être faussement déclaré victimes des attentats du 13 novembre 2015.

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