La ministre des Armées Florence Parly a annoncé des sanctions lourdes (exclusions d'élèves et remplacement de cadres) après la dénonciation par plusieurs jeunes femmes de faits de harcèlement et d'humiliations au sein de la prépa du lycée militaire de Saint-Cyr-l'École, voie royale vers les carrières d'officiers.

Florence Parly à l'Asemblée nationale le 4 avril 2018
Florence Parly à l'Asemblée nationale le 4 avril 2018 © AFP / Gérard Julien

C'est une lettre envoyée en décembre dernier à Emmanuel Macron, puis une quinzaine de témoignages publiés par Libération, qui ont attiré l'attention sur le calvaire vécu par les femmes qui tentent d'intégrer l'élite de l'armée française. En cause, les "tradis", un groupe de garçons plus qu'à droite, particulièrement influents notamment au sein du lycée militaire des Yvelines. Leur objectif est simple : "broyer les ambitions" des candidates du sexe opposé, concurrentes à écarter selon eux, considérées comme "des pestiférées, des voleuses de concours, qui devraient plutôt s'occuper du foyer". C'est un "repenti" qui le raconte, après avoir quitté la prépa en février dernier.

Dans sa lettre au président, l'une des étudiantes ne cachait pas son amertume suite à deux années de coups bas, d'insultes, de harcèlement moral : "J’ai honte d’avoir voulu aller dans _une armée qui n’est pas prête à recevoir des femmes_. J’ai appris que porter un vagin ruine une carrière,  une vocation, une vie."

"Tolérance zéro"

Une semaine après ces révélations, les sanctions tombent. Devant les députés, la ministre en personne met en cause "une minorité qui salit l'institution" et des faits "inadmissibles". Elle annonce "l'exclusion de Saint-Cyr-l'École des élèves impliqués", mais aussi "le remplacement, après les examens et les concours qui commencent dans quelques jours, des cadres concernés, assorti de mesures disciplinaires".

Florence Parly annonce également un plan de lutte contre les discriminations dans les lycées militaires, afin de faire de ces établissements "des lieux ouverts à tous et à toutes".

Un "tolérance zéro" dans un contexte de lutte plus large contre les discriminations dans les formations de l'armée française. Depuis 2014, chaque lycée militaire compte par exemple un "référent mixité". Et en 2015, une section du lycée particulièrement "noyautée" par les fameux tradis a purement et simplement été supprimée. Jusqu'ici, ces mesures n'ont pas été suffisantes : désormais, le risque sera d'abandonner tout espoir de devenir officier. Reste à savoir si cela suffira à faire changer la peur de camp.

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