Le procès de Jawad Bendaoud pourra-t-il vraiment se tenir dans des conditions normales ? Celui qu'on a surnommé "le logeur des attentats du 13 novembre", qui a été très largement moqué et caricaturé sur les réseaux sociaux, doit comparaître à partir du 24 janvier.

Jawad Bendaoud, le soir de son interpellation, en novembre 2015 à Saint-Denis.
Jawad Bendaoud, le soir de son interpellation, en novembre 2015 à Saint-Denis. © AFP / BFMTV

Le procès doit durer trois semaines, du 24 janvier au 14 février 2018. Mais c'est sans compter sur les centaines de victimes des attentats du 13 novembre, qui ont décidé de se constituer parties civiles dans ce procès-là également.  Selon nos informations, même si toutes ne feront certainement pas le déplacement, plus de 600 personnes ont d'ores et déjà choisi de se constituer parties civiles dans le procès de Jawad Bendaoud, Mohamed Soumah et Youssef Aït Boulahcen. Et ce chiffre risque d'évoluer à la hausse dans les prochaines semaines.  

Car, pour elles, l'affaire Jawad Bendaoud et les attentats du 13 novembre ne sont qu'un seul et même traumatisme.  Selon Me Astrid Ronzel, avocate de parties civiles : "au-delà des attentats, dans les jours qui ont suivi, certaines personnes craignaient pour leur vie, pensaient que les gens allaient revenir pour les achever. Les victimes se sentent concernées par l'ensemble des faits dans ces deux dossiers."

Dans ce dossier comme celui du 13 novembre, une centaine d'avocats de parties civiles se sont rassemblées en groupe de travail, pour tenter de fédérer leur travail, en amont du procès mais aussi à l'audience. Me Aurélie Soria en fait partie : "On s'est rendus compte, pour ce procès qui arrive, que logistiquement parlant, nous ne pourrions pas tous assister aux trois semaines d'audience, nous ne pourrions pas tous plaider pour nos clients et il nous est apparu indispensable de travailler ensemble, de réfléchir ensemble à notre façon de penser ce procès-là. On est très conscients que nous avons aussi ce devoir de permettre que la justice se rende bien, de manière efficace et rapide. 

Et en terme de logistique également, le nombre des parties civiles pose question. Une deuxième salle d'audience sera réquisitionnée, la piste d'une retransmission dans la Salle des pas perdus du Palais de justice est également envisagée.

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