Au procès d'Abdelkader Merah, la cour a entendu l'ex-patron du renseignement, Bernard Squarcini. Jusqu'ici, il évoquait Mohamed, le frère de l'accusé, comme un "loup solitaire".

Bernard Squarcini, entendu lors du procès d'Abdelkader Merah devant la cour d'assises spéciales de Paris
Bernard Squarcini, entendu lors du procès d'Abdelkader Merah devant la cour d'assises spéciales de Paris © AFP / FRANCOIS GUILLOT

C’est un véritable numéro d’équilibriste auquel s’est livré Bernard Squarcini, tentant de mettre à distance ce terme de “loup solitaire” par lequel il a longtemps désigné Mohamed Merah. Il faut dire que, face à un accusé jugé pour complicité, cela fait désordre. 

Alors l’ancien directeur central du renseignement intérieur accuse : "Mes propos ont été dénaturés par l’emballement médiatique. Il s’agit d’une expression technique, propre au renseignement".

Mais Bernard Squarcini se prend les pieds dans la barre : 

Mohamed Merah frappe isolément, parce qu’il veut durer dans le temps, il ne veut pas de complice

Pas de complice? Trop tard, l’expression est lâchée. Et elle n’est pas passée inaperçue. Y compris dans les rangs des parties civiles. Dont les avocats vont tenter de venir à la rescousse de celui qui a quitté la direction du renseignement dans les mois qui ont suivi l’affaire Merah. 

Peine perdue, Bernard Squarcini s’empêtre bien malgré lui. 

“Les enseignements de l’affaire Merah été tiré", assure-t-il."Dans la foulée l’infraction individuelle terroriste a été créée.” 

Infraction individuelle, là encore. 

Sur les bancs de la défense, Me Dupond-Moretti ose la boutade : “Squarcini, il n’est pas du côté des accusés, d’habitude, je peux vous le garantir !”

Visiblement, à trop jouer les équilibristes, on ne retombe pas toujours du côté souhaité.

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