Le procès Merah entre dans sa dernière ligne droite. Après quatre semaines d’audience, de témoignages, d’interrogatoires, de plaidoiries de parties civiles, place au réquisitoire de l’avocate générale. Elle devrait, en toute logique, réclamer la condamnation des deux accusés Abdelkader Merah et Fettah Malki.

 Le procès Merah en est arrivé au réquisitoire de l'avocate générale
Le procès Merah en est arrivé au réquisitoire de l'avocate générale © Maxppp / Sadak Souici / Le Pictorium

Elle n’a rien lâché. Tout au long des quatre semaines d’audience, l’avocate générale Naïma Rudloff n’a pas fait la moindre concession à cet accusé qu’elle a souvent rebaptisé "monsieur Abdelkader" mais à qui elle a reproché de ne pas l’appeler "madame l’avocate générale", ou encore "de ne pas se tenir dans le box”

Point par point, audition par audition, elle a tenu à dénicher dans les 117 tomes de la procédure, chaque détail, chaque contradiction. "Il a été reproché au ministère public de ne pas lire les mémoires de la défense. Erreur : je lis tout", lance un jour celle qui aime à rappeler le nombre de versions différentes données par les accusés tout au long de l’instruction ; celle qui veut tout savoir ou presque des deux hommes qui lui font face dans le box.  

"On juge les faits les plus graves du code pénal. Alors ça m’intéresse de savoir ce que vous pensez", précise Naïma Rudloff. Car, lance-elle ironique à Abdelkader Merah : "vous n’êtes pas là pour un vol de scooter". 

Ou pas seulement, du moins., car s’il est un des éléments à charge. C’est plus largement la complicité d’assassinat et la participation à une association de malfaiteurs terroristes que la magistrate tentera de démontrer ce lundi. Des éléments sur lesquels Abdelkader Merah a beaucoup à dire.  

Mais l’avocate générale l’interrompt : "je ne vous demande pas une analyse, je la ferai au réquisitoire. Avant d’ajouter : “j’espère que vous serez attentif."

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