Premier jour de procès tendu pour Adelkader Merah, le frère du terroriste Mohamed Merah, dont les attaques ont fait 7 morts en 2012, à Toulouse et Montauban.

Zoulikha Aziri , la mère du terroriste Mohamed Merah, arrive au procès de son autre fils Abdelkader Merah, qui se tient à Paris.
Zoulikha Aziri , la mère du terroriste Mohamed Merah, arrive au procès de son autre fils Abdelkader Merah, qui se tient à Paris. © AFP / Martin BUREAU

"Ben Laden" : Adelkader Merah avait son surnom dans la cité toulousaine des Izards, parce qu’il avait encensé les attentats du 11 septembre 2001. Cinq ans plus tard, le garçon a failli partir en Syrie, avec Mohamed, et avec les frères Clain, devenus les voix de la revendication des attentats du 13 novembre. C’est là le début de l’endoctrinement de Mohamed Merah, par Abdelkader, grand frère violent, « son frère de religion », adepte d’un islam radical, vers qui tous les regards sont braqués depuis lundi matin pour son procès devant la Cour d'assises spéciales de Paris .

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Derrière la vitre blindée du box des deux accusés, Abdelkader Merah, visage anguleux sur des épaules carrées, porte une chemise blanche, un jean clair, une épaisse barbe noire, ses longs cheveux bouclés soigneusement noués en queue de cheval. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir directement aidé son petit frère à commettre ses assassinats, l’avoir même poussé. Rôle de complice qu’il a toujours nié.

Lors de ce premier jour de procès, on a à peine entendu sa voix, car c’est l’autre complice présumé de Mohamed Merah, l’ami d’enfance, Fettah Malki, qui a été interrogé en premier aujourd’hui. Malki, jugé pour avoir notamment fourni le pistolet-mitrailleur qui s’est finalement enrayé devant l’école juive Ozar Hatorah, et ce petit délinquant nie toute intention terroriste.

Enfance marquée par la violence

Lors de la suite de ce procès, Abdelkader Merah devra raconter : cette enfance, marquée par les placements en foyer, la violence, les coups qu’il subit, avant de frapper en retour - sa mère, sa soeur, son petit frère Mohamed. Ce frère de six ans son cadet avec lequel il s’entend mal. Puis finit par trouver un motif de réconciliation … ce sera l’Islam radical.

Dans cette cour d’assises où il encourt la réclusion à perpétuité, Abdelkader Merah tentera sans doute de convaincre, de se dire “totalement étranger aux actes commis par son frère”, comme il l’a fait au long de la procédure. Mais les faits sont têtus. Le président a rappelé ces rencontres, avant et après quasiment chacun des attentats de Toulouse et Montauban “... comme si l’un rendait compte à l’autre ce qu’il venait de faire ou projetait de faire”. Il lui faudra aussi faire face aux regards encore plein de douleur des familles de victimes qui espèrent voir condamner celui qu’elles considèrent comme le cerveau de ces attaques meurtrières.

La mère de Mohamed Legouad, l’un des bérets rouges tués à Montauban, a du mal à contenir sa colère :

C'est très très difficile de les voir devant nous (...) On est pas obligé de faire ce cirque pour devenir musulman (...)À sa place j'aurais honte, voilà. Il nous nargue!

Un procès sous tension

Dans la salle, l’ambiance est tendue : les familles des victimes, bouleversées, se retrouvent à quelques mètres des deux accusés. Plusieurs familles de victimes sont musulmanes, des femmes qui portent le voile, et qui ne comprennent pas pourquoi leurs enfants ont été tués au nom d’un islam qui n’est pas le leur.

C’est lorsque la mère des frères Merah a fait une brève apparition à la barre (pour répondre à l’appel des témoins) que l’atmosphère s’est terriblement crispée : au moment où elle a envoyé un baiser à son fils, sur les bancs des parties civiles, des insultes ont fusé.

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