Une semaine après l'arrestation de Théo, 22 ans, dans des conditions très violentes à Aulnay-sous-Bois, les quatre policiers sont toujours mis en examen, dont un pour viol.

Marche de soutien à Théo le 6 février 2017 à Aulnay-sous-Bois
Marche de soutien à Théo le 6 février 2017 à Aulnay-sous-Bois © Maxppp / Philippe Lavieille

Alors que l'affaire a secoué l'opinion publique et divisé les politiques, il reste difficile de savoir ce qu'il s'est passé jeudi 2 février à Aulnay-sous-Bois. Car les thèses s'affrontent et les premières conclusions de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, semblent aller contre la thèse du viol.

Cette matraque enfoncée de dix centimètres dans l'anus du jeune homme, grièvement blessé, est-elle un accident ou un geste volontaire ? C'est un geste à caractère non intentionnel répond l'IGPN ! Pour la police des polices comme pour le parquet, l'intention n'est pas avérée.

Après avoir visionné les images de vidéo-surveillance de la ville, entendu les policiers et Théo, la victime, l'IGPN en reste pour l'instant aux violences volontaires en réunion.

Des images essentielles

Théo maintient qu'on lui a volontairement baissé son pantalon pour le frapper et le blesser. De son coté, la juge d'instruction a choisi d'alourdir les charges contre l'un des fonctionnaires en le mettant aussi en examen pour viol. Mais l'un des avocats des policiers rappelle qu'elle l'a fait sans avoir visionné les images de vidéo-surveillance municipale.

Le film tourné par un témoin est une pièce essentielle pour son instruction afin de déterminer exactement ce qu'il s'est passé. La magistrate aura également à trancher sur l'origine des faits.

Selon les policiers, lors de leur patrouille jeudi dernier dans le quartier des 3000 à Aulnay, sur une zone connue pour trafic de stupéfiants, ils se retrouvent face à un groupe d'une dizaine de personnes et décident de les contrôler. Au même moment, à l'opposé, Théo arrive accompagné d'un ami.

Selon les policiers Théo se serait opposé a ce contrôle , il aurait porté un coup de poing à l'un des policiers. Le jeune homme dit au contraire avoir tenté de calmer le jeu.

Dans un communiqué commun, les avocats des quatre policiers appellent au "respect de la présomption d'innocence", s'insurgeant contre les "pressions politiques et les propos irresponsables tenus dans l'ignorance du contenu du dossier pénal".

Le maire demande de la décence

Le maire d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, a tenu une conférence de presse ce jeudi après-midi. Il appelle au retour au calme et à la décence. "Laissons faire la justice", a insisté l'élu.

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