Daniel Legrand est arrêté le 14 novembre 2001, en même temps que son père, l'autre Daniel Legrand. Placé en garde à vue, il est ensuite incarcéré à la maison d'arrêt de Loos, deux jours plus tard.

Après plusieurs interrogatoires et confrontations, il finit pas avouer les faits relatés par Myriam Badaoui, le 19 décembre 2001. Il reconnaît ainsi avoir sodomisé et imposé des fellations aux enfants entre 1996 et 2000. Il accuse également dix autres personnes.

En janvier 2002, il envoie une lettre au juge d’instruction, puis confirme devant lui avoir été le témoin du meurtre d’une petite fille au cours d’une scène de viol chez les époux Delay. Cette dernière, morte sous les coups, aurait été enterrée dans un des jardins ouvriers de l’immeuble des Merles.

Legrand Daniel

Maison d’arrêt de Loos

le 04.01.02

Monsieur,

Je vous fais part de ce courrier, pour vous faire de nouvelles révélations concernant cette affaire. Je vous fais ces révélations car je ne supporte plus de garder cela au fond de moi. Mais je ne voudrais pas endosser la mort d’une fillette, alors que je n’ai été que simple témoin.

En effet, fin 99, je me trouvais chez les Delay, quand Thierry Delay et un vieux monsieur sont arrivés, accompagnés d’une petite fille de cinq à six ans, soi-disant belge d’après Thierry. Je crois que le vieil homme, belge également, connaissait l’enfant, car elle lui tenait toujours la main. Le vieil homme a abusé de la petite, mais la petite a hurlé, et c’est là que Thierry l’a battue à mort à la tête.

Il avait même filmé, mais après ce drame, il a débobiné la bande de la cassette et l’a détruite.

Thierry m’a fait des menaces de mort. J’avais peur qu’il s’en prenne à ma famille. J’avais peur de ce que j’avais vu.

Thierry et le vieil homme ont emmené la gamine le soir, très tard, mais moi j’étais rentré chez moi. Le reste, Thierry s’expliquera avec la justice. Je ne peux vous en dire plus, mais sachez qu’après avoir été perturbé par cela, je me porterai mieux, soulagé d’avoir parlé.

Je ne demande qu’une chose, que la justice protège ma famille et j’espère un pouvoir me reconstruire.

Dans l’attente de vous voir, sachez que plus rien ne sera caché dans cette affaire. Recevez mes respects,

Daniel Legrand.

Le 4 janvier, la même lettre ou presque est envoyée à France 3. Daniel Legrand est alors convoqué précipitamment au palais de justice le 9 janvier 2002. Il est confronté à Myriam Badaoui à qui le juge d’instruction lit son courrier. Elle confirme alors l’histoire et ajouter même de nombreux détails devant le juge d’instruction, puis lors d’un déplacement sur les lieux avec Thierry Delay qui, lui, nie en bloc. Puis, le 19 février 2002, il revient sur la totalité de ses aveux, y compris cette histoire “inventée”.

Cette partie du dossier est d'ailleurs disjointe de l'instruction. L'enquête n'a jamais abouti.

Interview vidéo - Me Patrice Reviron : "il n'est pas question de refaire les procès Outreau"

Mais, à l'instar des autres accusé d'Outreau, Daniel Legrand est renvoyé devant la cour d’assises pour les viols de Kevin, Dimitri, Jonathan et Dylan Delay et agressions sexuelles en réunion.

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