Dans le Thalys Amsterdam-Paris
Dans le Thalys Amsterdam-Paris © Radio France

Les enquêteurs de la section antiterroriste du parquet de Paris continuent d'interroger, l'auteur de l'attaque vendredi dans le Thalys. Ils cherchent à savoir quelles étaient ses intentions exactes et s'il a bénéficié de complicité et de soutien. La piste d'un attentat terroriste est privilégiée.

Il subsiste de nombreuses zones d'ombre sur le parcours qui l'a mené dans ce train vendredi après-midi. Zones d'ombre que l'enquête va devoir éclaircir.

Ce jeune marocain était fiché par les renseignements français, informés par les services espagnols de sa proximité avec la mouvance islamiste radicale. Ayoub el-Ghazzani se présente lui devant les enquêteurs en tant que bon musulman, qui n'a rien à voir avec l'islam radical. L'homme est pourtant fiché par les services français pour s'être radicalisé en Espagne, en 2014.

L'homme est décrit comme intelligent par les policiers qui l'ont approché. Depuis le début de sa garde à vue, ce marocain de 26 ans s'exprime en arabe, très courtoisement mais en contestant toute action terroriste . Il explique avoir trouvé par hasard des armes dont il a décidé de se servir pour détrousser les voyageurs du Thalys. C'est sont avocate, Me Sophie David, avocate au barreau d'Arras, qui a donné des précisions après s'être entretenue avec son client :

Quand je lui rappelle pourquoi il est là, il est médusé du caractère terroriste qui est attribué à son action. Il explique son geste uniquement par le besoin d'argent. Pour lui, il n'y a pas eu de coup de feu [...] il dit que la Kalachnikov n'a pas fonctionné et qu'il a été maîtrisé immédiatement sans qu'un coup de feu ait été tiré.

C'est un peu la même ligne de défense qu'avait adopté Sid Ahmed Glam, soupçonné de l'assassinat d'Aurélie Châtelain et de tentative d'attentat à Villejuif, et par Yassin Salhi qui a décapité son patron et voulait faire exploser une usine de gaz à Saint-Quentin Fallavier. Avec, peut-être pour Ayoub El-Ghazzani la volonté de minimiser les risques judiciaires.

L'homme, qui était pourtant fiché depuis février 2014 par les services français pour sa volonté d'aller faire le djihad,

n'a aucun papier d'identité, sur lui, aucun carnet d'adresse ou document qui permettrait de le relier à quelqu'un d'autre. Il ne donne pas d'adresse, comme s'il était un simple SDF. Une version qui pour les enquêteurs ne colle pas avec les premières constatations : ses armes, ses munitions, mais aussi deux téléphones, dont l'un d'entre d'eux - selon nos informations - aurait été utilisé peu de temps avant les faits . L'examen détaillé de la téléphonie mobile permettra justement d'en savoir plus, dans les prochaines heures, tout comme les expertises scientifiques.

La coopération judiciaire avec l'Espagne et la Belgique pourrait également aider à reconstituer le parcours de cet homme, connu de la justice espagnole pour trafic de drogue, et qui le 10 mai 2015 s'envole pour la Turquie depuis Berlin, peut-être pour la Syrie. Les services perdent ensuite sa trace, jusqu'à ce qu'il réapparaisse dans le Thalys Amsterdam-Paris où il a été maîtrisé par des voaygeurs particulièrement courageux. Ils seront décorés ce lundi matin par François Hollande.

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