Le tribunal correctionnel de Versailles rend ce lundi sa décision dans l'affaire de la bague de Jeanne d'Arc. Philippe de Villiers, ancien candidat souverainiste à la présidentielle, poursuit deux historiens qui l'ont accusé d'utiliser le mythe de la Pucelle d'Orléans à des fins mémorielles, politiques et économiques.

Philippe de Villiers a attaqué en diffamation deux historiens qui l'accusent d'utiliser le mythe de Jeanne d'Arc à des fins politiques et mercantiles.
Philippe de Villiers a attaqué en diffamation deux historiens qui l'accusent d'utiliser le mythe de Jeanne d'Arc à des fins politiques et mercantiles. © AFP / Loic Venance

L'affaire remonte à 2016. Après un combat de haute lutte lors d'une vente aux enchères à Londres, le Puy du Fou récupère auprès des Anglais une bague attribuée à Jeanne d'Arc, jusqu'ici conservée outre-Manche. L'arrivée de l'objet sur le sol français est célébrée en grande pompe au sein du parc d'attraction vendéen, devant quelque 5 000 personnes. Bien que certains historiens aient émis des doutes sur son authenticité, l'anneau est désormais conservé religieusement dans une chapelle reliquaire construite spécialement pour lui.

L'opération suscite des critiques de la part de deux spécialistes du Moyen Age : William Blanc et Christophe Naudin. Dans une tribune commandée par le journal le Monde et publiée le 25 mars 2016, ils déplorent une "récupération du mythe de Jeanne d'Arc" par Philippe de Villiers à des fins "mémorielles, politiques et économiques". Ils écrivent que, depuis sa fondation en 1978 par Philippe de Villiers, "le Puy du Fou est aussi une affaire commerciale pour l'ancien ministre et ses proches".

Leurs propos ont fait bondir l'ancien président du conseil général de Vendée, qui a engagé des poursuites en diffamation. "Philippe de Villiers ne fait pas commerce de Jeanne d'Arc, il n'a jamais tiré un centime du Puy du Fou", assure son avocat, Gilles-William Goldnadel. Il réclame 50 000 euros de dommages et intérêts. 

Le conseil des deux historiens, Emmanuel Tordjman, a fait valoir à l'audience la liberté académique : le droit pour les universitaires de s'exprimer dans leur domaine de compétence sans subir de pressions.

La décision du tribunal de Versailles est attendue ce lundi.

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