andré bamberski assume devant la justice le rapt du dr krombach
andré bamberski assume devant la justice le rapt du dr krombach © reuters

C'est ce vendredi que le procès d'André Bamberski, jugé pour avoir fait enlever le meurtrier de sa fille en 2009 pour le livrer à la justice française. Devant le tribunal correctionnel de Mulhouse, l'homme de 76 ans a assumé et même revendiqué son acte.

En 1982, la fille d'André Bamberski mourait sous les coups du Dr Dieter Krombach. En 1993, l'homme était condamné par contumace en France, puis rejugé et condamné à nouveau par une cour d'assises en 2011, et enfin en appel en 2012. Il purge actuellement une peine de quinze ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort de Kalinka Bamberski.

Mais à l'origine de cette incarcération, il y a un autre délit. Celui du père, André Bamberski, qui a décidé en 2009 d'aller chercher le meurtrier de sa fille, sous le coup d'un mandat d'arrêt en France mais réfugié en Allemagne.

Il avait été découvert par la police au matin du 18 octobre 2009 à Mulhouse, bâillonné, le visage tuméfié, les pieds et les poings liés. Une opération décidée par André Bamberski.

"J'ai pris la décision générale de faire transporter le docteur Krombach d'Allemagne en France", explique aux juges l'ancien expert-comptable de 76 ans, qui refuse cependant de parler d'enlèvement et nie avoir commandité une opération qui lui aurait été proposée. Cette décision, "pour moi, c'était une obligation", explique-t-il à Reuters en marge de l'audience.

"Infraction" ou "devoir" ?

C'est toute la nuance dans cette affaire. Autour de cette question lancinante qui se pose aux juges : un citoyen peut-il se faire justice soi-même, ou en tout cas donner un "coup de pouce" tout à fait illégal à la justice ? "M. Bamberski n'a pas commis une infraction, il a accompli un devoir", estime son avocat, Me Laurent de Caunes, qui plaidera ce vendredi la relaxe.

Il y a un double effet Bambaerski. L'homme suscite autant d'admiration que d'agacement. Le récit de Franck Cognard, du service police-justice de France Inter

Anton Krasniqi, jugé avec André Bamberski et deux autres co-prévenus pour arrestation, détention et séquestration en bande organisée, a assuré être l'organisateur et l'initiateur du rapt. Ce Kosovar de 43 ans qui vit en Allemagne aurait fait sien le combat d'un père auquel il avait été sensibilisé par la soeur de sa compagne, une journaliste qui se retrouve poursuivie à Mulhouse pour association de malfaiteurs.

Pour André Bamberski, les 20.000 euros qu'il avait prévu de verser au trio d'exécutants, dont l'un n'a jamais été retrouvé, n'étaient qu'une "participation aux frais".

Dieter Krombachest aujourd'hui également inquiété en Allemagne, où il a longtemps été protégé. Une série d'abus sexuels lui sont imputés, dont le viol d'un patiente sous anesthésie dans les années 1990, ce qui lui a déjà valu deux ans de prison... avec sursis.

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