Le procureur Gérard Aldigé a déjà longuement étrillé le principal prévenu dans ses quatre premières heures de réquisitoire. La charge directement dirigée contre François-Marie Banier pour démontrer sa culpabilité n’en est pas moins violente.

Il est incontestablement un personnage, remarquablement intelligent et cultivé, apprécié pour la qualité de ses réparties dans les dîners en ville. Il est aussi séducteur, dandy, mondain, artiste autoproclamé, anticonformiste de bazar.

Vous savez qu’il avait la pleine conscience de sa vulnérabilité parce qu’il était omniprésent à ses côtés et qu’il connaissait tout d’elle. Il connaissait parfaitement le détail de sa fortune personnelle. Il arrivait au volant de sa mobylette qu’il garait en demandant à celui qui se trouvait là de faire le plein … il n’y a pas de petite économie. Il se trouvait en terre conquise, une terre conquise de haute lutte, après avoir soumis la propriétaire des lieux en véritable sujétion.

Il a d’abord identifié la faille de sa proie, ce besoin narcissique d’être reconnue mais aussi la souffrance qui était la sienne à entretenir des relations qu’elle estimait peu satisfaisantes avec sa fille. Il l’a façonnée, elle est devenue sa chose, il l’a vampirisée. Cheminement classique des relations entre un gourou et sa victime. Il a réussi à faire le vide autour d’elle, à l’isoler.

Oui, Banier a utilisé tout la panoplie d’un gourou pour parvenir à ses fins : les compliments, la séduction puis en même temps l’isolement, la manipulation et les pressions psychologiques. Il a conduit Liliane Bettencourt à se livrer au comportement recherché. Tout ceci pour plus de 400 millions d’euros tout de même. C’est le budget annuel de la région Limousin.

Il oublie que le préjudice subi n’est pas seulement matériel mais affecte tout autant l’image publique ou privée. L’image de Liliane Bettecourt est désormais totalement anéantie quand on voit ce que font d’elle les médias.

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