cour d'Assises de Seine-et-Marne à Melun
cour d'Assises de Seine-et-Marne à Melun © MaxPPP

Au procès des parents de Bastien, à Melun, la cour d’assises tente de comprendre ce qui a entrainé la mort du petit garçon, âgé de 3 ans, après avoir été mis dans la machine à laver familiale. Peut on vraiment comprendre les "motivations" des parents, qui peinent même à reconnaître leurs actes ? Aujourd’hui, la cour d’assises entend les experts psychologues et psychiatres qui se sont penchés sur Christophe Champenois et Charlène Cotte.

Avant l’avis des experts, les accusés se sont longuement exprimés devant la cour d’assises. Sans pour autant vraiment éclairer les jurés : le père dit ne pas se souvenir de la mort de Bastien, même si dit-il, il s’en sent responsable. Quant à la mère, accusée de complicité, elle reste toujours aussi impénétrable.

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Charlène Cotte prostrée

Charlène Cotte a toujours le même ton de voix, un peu trainant. "Vous parlez comme une préadolescente", note la présidente, "on a l’impression que vous mettez tout à distance". "J’arrive pas à pleurer", explique l’accusée, qui a gardé toute la journée la même attitude prostrée. "Mon émotion, elle est en moi, un jour ça sortira." Mais ça ne semble pas près d’arriver. Tout est débité d’un ton morne. C’est un mur d’impassibilité.

Pourquoi vous ne vous êtes pas battue comme une tigresse quand Bastien était dans la machine?

"Pourquoi vous n’avez pas alerté les voisins, les secours ?", tente la présidente. "J’ai dit "arrête ! arrête !", il m’a dit je veux pas que ce soit toi la criminelle. Il m’a repoussée, je suis tombée. Après j’étais vidée. J’étais plus là vraiment, j’étais comme un robot. » Sa fille n’a pourtant entendu aucune dispute entre ses parents, les voisins non plus. "Ils ont pas dû faire attention", réplique Charlène Cotte. Enfermée à triple tour, inaccessible. Incompréhensible. et comme l'a dit la présidente, "on est ici pour comprendre, et quand on ne comprend pas, cela peut avoir des conséquences dommageables". "Je fais un travail avec un psychologue", explique la jeune femme, aujourd'hui âgée de 29 ans. "Avant, j’arrivais pas à dire le nom de Bastien. Maintenant, j’y arrive, mais ça vient tout doucement."Trop doucement sans doute, pour le temps d’un procès d’assises. Poursuivie pour complicité, elle encourt la prison à perpétuité.

Le procès reprend à 9h30 avec les experts psychiatres et psychologues. Verdict attendu demain vendredi.

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