Les enquêteurs l'avaient surnommé le "tueur de la gare de Perpignan". Vingt ans après, le procès de Jacques Rançon s'est ouvert lundi après-midi devant la Cour d'assises des Pyrénées-Orientales et ce mardi, pour la première fois, un expert a évoqué la possible altération du discernement de l'accusé.

Un expert à évoqué pour la première fois la possibilité d’une altération du discernement de Jacques Rançon
Un expert à évoqué pour la première fois la possibilité d’une altération du discernement de Jacques Rançon © Radio France / Corinne Audouin

Les propos du docteur Pierre-André Delpla résonnent dans la Cour d’assises. "Jacques Rançon, ce n’est pas Hannibal Lecter, ce n’est pas un psychopathe élaboré, c’est quelqu’un de primaire. Les actes pervers ne font pas un pervers" dit-il. 

L’expert psychiatre, également neurologue, est le dernier à avoir vu Jacques Rançon : "Il était hirsute, on aurait dit un homme des bois, recroquevillé dans sa cellule". Contrairement au docteur Franc qui l’a précédé à la barre, Pierre-André Delpla ne croit pas en l’hypothèse d’un homme élaborant des scénarios pervers : "il n’en est pas capable, il est dans le présent. Le passage à l’acte répond à une pulsion sexuelle immédiate, il veut du sexe, il le prend, comme un enfant prendrait un jouet… puis comme le jouet réagit, il le casse." 

Sur le banc des parties civiles, la jeune femme agressée par Jacques Rançon quitte la salle d’audience en pleurs. 

Le docteur Delpla estime que l’accusé, s’il n’a pas de maladie mentale, n’a pas pour autant un cerveau normal. "Il n’a pas eu un développement psychique complet, comment voulez-vous qu’il se construise, entre un père absent et une mère débile". Le discours, cash, hérisse l’avocat des parties civiles : ce médecin est le premier à évoquer la possibilité d’une altération du discernement de Jacques Rançon. Les autres psychiatres parlent de psychopathie, de perversion sadique, de maîtrise de ses actes… 

"C’est dérangeant ce que je vous dis ? cingle le Dr Delpla. Oui. Je vous donne mon analyse clinique, vous en ferez ce que vous voudrez, je ne suis pas magistrat"

► SUIVRE | Le compte rendu de procès sur Twitter avec Corinne Audouin

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