La cour d'appel de Paris a décidé ce mardi de remettre en liberté Alexandre Benalla et Vincent Crase, qui avaient été placés en détention provisoire pour violation de leur contrôle judiciaire.

La cour d'appel de Paris a décidé mardi de remettre en liberté Alexandre Benalla et Vincent Crase, qui avaient été placés en détention provisoire pour violation de leur contrôle judiciaire
La cour d'appel de Paris a décidé mardi de remettre en liberté Alexandre Benalla et Vincent Crase, qui avaient été placés en détention provisoire pour violation de leur contrôle judiciaire © AFP / Bertrand GUAY et Alain JOCARD

Alexandre Benalla et Vincent Crase se trouvaient depuis une semaine en détention provisoire, le premier dans une cellule du quartier des "personnes vulnérables" de la prison de la Santé, Crase à Bois d'Arcy. Le juge des libertés et de la détention (JLD), saisi par les juges d'instruction avait estimé que l'ex-chargé de mission de l'Élysée et l'ex-salarié de La République en Marche n’avaient pas respecté le contrôle judiciaire, qui leur interdisait d'entrer en contact l'un avec l'autre dans l'enquête sur les violences commises le 1er mai 2018.

Le 31 janvier, Mediapart avait en effet publié des enregistrements sonores d'une conversation entre les deux hommes datant du 26 juillet 2018, soit quelques jours après leur mise en examen pour violences en réunion contre des manifestants du 1er mai, et donc en pleine période de contrôle judiciaire.

Ce mardi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a "infirmé l'ordonnance de révocation du contrôle judiciaire et de placement en détention provisoire" des deux hommes. "Les mesures du contrôle judiciaire des mis en examen reprennent leurs effets", précise le parquet général dans un communiqué.

Placés sur le même banc alors qu'ils ne devaient pas se parler

Une remise en liberté qui réjouit Me Christian Saint-Palais, avocat de Vincent Crase, pour qui les enregistrements diffusés par Mediapart n'étaient pas suffisants pour caractériser la violation du contrôle judiciaire : "On nous donne des extraits sonores dont on ne sait rien quant à l'origine, l'intégrité, l'authenticité", a-t-il déclaré cet après-midi à la sortie de l'audience. "Donc il faut arrêter de mettre en jeu la liberté des hommes dans ce pays sur la base d'extraits sonores qui ne devraient pas être considérés, en l'état en tout cas, comme des preuves."

Me Saint-Palais souligne également que la semaine dernière, malgré le fait que toute concertation était interdite entre les deux hommes, ils ont été placés sur le même banc pendant plus d'une heure avant leur audition par le juge des libertés et de la détention. Une situation ubuesque.

À la sortie de l'audience, à la mi-journée, Me Jacqueline Laffont, l'avocate d'Alexandre Benalla expliquait à propos de son client : "Il n'a rien à faire en prison et chacun sait que, dans une autre affaire et pour des faits identiques, le contrôle judiciaire n'aurait jamais été révoqué."

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