Le mystérieux administrateur du Sénat, suspecté d'espionnage au profit de la Corée du Nord, a été mis en examen jeudi soir pour "trahison par livraison d'informations à une puissance étrangère", et "intelligence avec une puissance étrangère". Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Le haut fonctionnaire, soupçonné d'espionnage, a été mis en examen
Le haut fonctionnaire, soupçonné d'espionnage, a été mis en examen © AFP

Après quatre jours de garde à vue, dans les locaux de la police du renseignement, la DGSI, à Levallois Perret, Benoît Quennedey a pu rentrer chez lui, jeudi soir. Mis en examen pour "trahison par recueil et livraison d'informations à une puissance étrangère", et "intelligence avec une puissance étrangère" par un juge d'instruction parisien, cet administrateur du Sénat a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de travailler, de contacter certaines personnes, et de quitter le territoire.  

Chez les proches de cet admirateur déclaré de la Corée du Nord, employé à la Direction de l'architecture et des jardins au Sénat, c'est la stupéfaction. Les policiers des renseignements, qui le surveillaient depuis plusieurs mois, pensent qu'il a transmis des informations sensibles à la dictature dirigée par Kim Jong-un. 

Impossible qu'il ait trahi son pays

Président de l'Association d'amitié franco coréenne, le quadragénaire s'est rendu sept fois en Corée du Nord.  L'association oeuvre surtout pour un rapprochement pacifique entre les deux Corées, et regroupe "des gaullistes, des communistes, des radicaux de gauche", assure l'un de ses membres, "tous unis dans leur rejet de l'impérialisme" américain. Selon son éditeur, Aymeric Monville, Benoit Quennedey est un "patriote" : "impossible qu'il ait trahi son pays" s'exclame-t-il. 

Au-delà de sa sympathie pour le régime nord-coréen, exprimée à travers plusieurs livres et dans des interviews, Benoit Quennedey avait-il accès à des informations confidentielles ? Son poste au Sénat le tenait éloigné des cercles du pouvoir, tout en lui permettant d'être informé des activités des élus. Pour un de ses amis, la personnalité "modérée, réservée" de Benoit Quennedey ne "colle pas du tout" avec l'image qu'on se fait d'un espion. 

L'homme encourt, en théorie, jusqu'à 15 ans de détention : la trahison est considérée en droit français comme un crime.

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