bernard squarcini devant le tribunal correctionnel de paris
bernard squarcini devant le tribunal correctionnel de paris © reuters

Bernard Squarcini, l'ancien "patron" de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) jugé dans l'affaire des "fadettes" a été condamné hier à une peine de 8.000 euros d'amende. En plus de 7.000 euros de dommages et intérêts, notamment pour Le Monde. Son avocat, Me Patrick de Maisonneuve, a indiqué que l'ancien haut responsable policier allait réfléchir à l'opportunité de faire appel ou non. "Ce n'est pas la personnalité de M. Squarcini qui est en cause, il est condamné à une amende. Mais nous sommes en désaccord sur le principe de la condamnation", explique le défenseur. Bernard Squarcini répondait du délit de "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", passible d'une peine maximale de cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende. Le procureur, Jean Quintard, avait estimé à l'audience que Bernard Squarcini s'était rendu coupable d'un acte illégal en invoquant à tort la sûreté de l'Etat alors qu'il s'agissait seulement d'empêcher des fuites judiciaires dans la presse. Mais il n'avait requis qu'une peine de 5.000 euros d'amende afin de "tenir compte des services rendus par M. Squarcini à la République".

"Justice est rendue"

Cette condamnation permet aussi de réparer le préjudice subi par celui qui était soupçonné par la DCRI d'être l'informateur du Monde, David Sénat. Le magistrat, accusé d'être à l'origine de fuites, a été débarqué de son poste et "placardisé", sans aucune preuve concrète.

Il salue une décision qui "reconnait sa bonne foi"

Bernard Squarcini avait reconnu à l'audience avoir requis les fadettes d'un journaliste du Monde sur un volet de l'affaire Bettencourt sensible pour l'ex-ministre UMP du Travail Eric Woerth. Mais il "s'agissait de débusquer une fuite, un traître dans un cabinet ministériel", s'était-il justifié devant le tribunal correctionnel de Paris, invoquant une exception à la loi dans le cas d'une atteinte à la sûreté de l'Etat. Les parties civiles ont estimé que Bernard Squarcini, réputé proche de Nicolas Sarkozy, avait voulu protéger l'exécutif qui craignait que ces fuites ne déstabilisent Eric Woerth. "Ces informations gênent le pouvoir politique, on se rend compte qu'il y a un système de collusion", notamment entre Eric Woerth et Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, avait déclaré Gérard Davet, le journaliste du Monde visé par la recherche des fadettes.

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