Bernard Squarcini renvoyé devant un tribunal correctionnel
Bernard Squarcini renvoyé devant un tribunal correctionnel © Reuters / Philippe Wojazer

L'ex-patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est mis en cause pour avoir réclamé et obtenu les factures téléphoniques détaillées d'un journaliste et de sa source supposée.

Pour Bernard Squarcini, le contrecoup est sévère. La cour d'appel de Paris avait en partie annulé en décembre sa mise en examen dans le dossier, abandonnant au passage les incriminations d'"atteinte au secret des correspondances et recel" tout en conservant celle de "collecte illicite de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite".

Et pourtant : l'ancien patron de la DCRI est renvoyé devant un tribunal, conformément au réquisitoire du parquet. "Bernard Squarcini conteste sa responsabilité pénale", explique son avocat. "Nous sommes déterminés et combatifs."

Selon le Monde, le réquisitoire estime qu'"aucun impératif prépondérant d'intérêt public ne pouvait justifier la collecte des factures détaillées" de son journaliste Gérard Davet.

"Il ne saurait être davantage soutenu que cette mesure était strictement nécessaire ou même proportionnée au but poursuivi, dont on peut d'ailleurs s'interroger sur la légitimité, s'agissant d'investigations menées par la DCRI", poursuit le journal.

Les explications de Nathalie Hernandez.

Bernard Squarcini encourt cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende.

Une "sous-affaire" Bettencourt

Il est mis en cause pour avoir obtenu d'un opérateur téléphonique, sous contrainte légale, les factures détaillées de téléphone, ou "fadettes", d'un reporter du Monde, Gérard Davet, à l'été 2010.

Il s'agissait de connaître l'informateur du journaliste à l'origine d'un article concernant la procédure judiciaire visant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, et mettant en cause Eric Woerth, alors ministre UMP du Budget.

Bernard Squarcini a reconnu les faits devant les juges d'instruction parisiens, estimant toutefois qu'ils ne constituent pas une infraction.

Il parle d'un travail de routine ayant visé, selon lui, non pas la presse mais le fonctionnaire qui avait violé à ses yeux ses obligations en livrant un procès-verbal d'audition du dossier Bettencourt au reporter, et estime que l'examen des "fadettes" n'est pas soumis aux mêmes restrictions légales que les écoutes téléphoniques.

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