Eric Woerth et Patrice de Maistre
Eric Woerth et Patrice de Maistre © Dominique Lemarié

Le procès du trafic d’influence reproché à Eric Woerth et à Patrice de Maistre s’est achevé ce midi avec les plaidoiries de la défense. L’ancien ministre et l’ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt seront fixés sur ce volet comme sur celui de l’abus de faiblesse, le 28 mai.

Pour la défense cette affaire, c’est "une histoire qui s’est installée", selon l’expression de Jacqueline Laffont, l’avocate de Patrice de Maistre. L’histoire "d’un ministre en vue" qui aurait obtenu ou fait obtenir une légion d’honneur en échange de l’embauche de sa femme. Les juges d’instruction auraient tout fait pour "faire entrer cette histoire dans des cases", selon Me Laffont. "Comme des carrés dans des ronds", ajoute Me Jean-Yves Le Borgne, le conseil d’Eric Woerth. "On veut une grande affaire", s’insurge Me Le Borgne de sa voix de stentor, une affaire qui pour lui n’est qu’une "folie", un "fantasme judiciaire".

La défense n’avait qu’à développer des arguments déjà soulevés hier par le procureur, qui a demandé la relaxe des deux prévenus.

Jean-Yves Le Borgne le reconnaît : que Florence Woerth soit la femme d’un ministre a sans doute pesé dans son recrutement, même si sa compétence est incontestée. Cela ne fait pas un pacte de corruption, pas plus que la concordance (parfois prise en défaut) de certaines dates. Patrice de Maistre n’avait pas besoin de cela pour se faire accrocher la légion d’honneur, et Florence Woerth n’avait pas besoin d’être "pistonnée" pour trouver du travail dans le domaine où elle a fait sa carrière, et où elle est courtisée. Quant à l'idée qu'elle aurait été recrutée aussi avec une arrière-pensée, parce que son mari est le ministre qui s'occupe "de vos impôts", comme le dit de Maistre à Mme Bettencourt sur les enregistrements : "Cela n'a servi à rien, Dieu merci !", s'exclame Me Le Borgne.

Cette affaire ne doit pas être "une séance de rattrapage", avait dit mardi le procureur. En clair : le trafic d’influence ne doit pas remplacer de manière artificielle le financement politique que les juges n’ont pas trouvé.

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