Wenceslas Munyeshyaka
Wenceslas Munyeshyaka © corbis / © Philippe Lissac / GODONG/CORBIS/Godong/Corbis

Vingt ans après le début de l'enquête, le parquet de Paris a annoncé mercredi avoir demandé un non-lieu pour le prêtre rwandais Wenceslas Munyeshyaka, mis en cause dans le génocide de 1994. L’homme, qui officie aujourd'hui à Gisors, clame son innocence.

Le prêtre catholique Wenceslas Munyeshyaka, premier Rwandais visé par une plainte en France pour génocide, pourrait finalement être mis hors de cause. C’est en tout cas l’avis du parquet de Paris qui a demandé, ce mercredi, un non-lieu. Le parquet de Paris justifie le non-lieu essentiellement par une insuffisance de charges précises. Il appartient désormais aux juges d'instruction d'ordonner ou non son renvoi devant une cour d'assises.

En 1995, Wenceslas Munyeshyaka avait été accusé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) d’être l’un des bourreaux, proche des autorités génocidaires. Le TPIR s’était dessaisi au profit de Paris, après que l’homme se soit installé en France. Dans l'acte d'accusation de 2005, le procureur du TPIR lui reprochait d'avoir participé à des réunions planifiant des massacres et d'avoir livré des civils tutsis aux milices hutues. Il était aussi accusé d'avoir lui-même abattu trois jeunes Tutsi, encouragé ou commis des viols.

L’homme a toujours clamé son innocence et affirmé avoir fait de son mieux pour aider les civils et assurant avoir fui Kigali car les "miliciens" lui "reprochaient d'avoir protégé les Tutsi".

Plus de vingt procédures judiciaires ouvertes en France contre des Rwandais

Entre vingt et trente procédures judiciaires sont ouvertes en France en lien avec le génocide contre des Rwandais qui ont quitté leur pays. Dans le premier procès à Paris, l'ancien officier de la garde présidentielle Pascal Simbikangwa a été condamné en 2014 à 25 ans de réclusion criminelle pour génocide et complicité de crimes contre l'humanité. Il a fait appel. Attendu en 2016, le second procès concerne les deux anciens bourgmestres Tito Barahira et Octavien Ngenzi.

rwanda
rwanda © Radio France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.