Le Vatican
Le Vatican © Reuters

Le Vatican vient d'ordonner le procès de cinq personnes, dont deux journalistes italiens, pour avoir transmis ou publié des documents du Saint-Siège. On y découvrait les tensions animant le Vatican depuis la nomination du pape François. La première audience est prévue mardi matin.

Dans deux livres tout récemment publiés qui ont fait scandale ("Via Crucis" de Gianluigi Nuzzi et "Avarizia" d'Emiliano Fittipaldi),on découvrait que la volonté réformatrice du pape François se heurtait à une vive résistance de la part des institutions vaticanes. Des révélations qui ont embarrassé et agacé le siège de l'Eglise catholique , qui estiment que ces informations n'auraient jamais dû quitter les murs du Saint-Siège.

Ces fuites constituent l'un des plus grands scandales internes auxquels doit faire face François depuis son élection en mars 2013 et rappellent le scandale "Vatileaks" qui avait précédé la démission de son prédécesseur Benoît XVI. La presse italienne parle d'ailleurs de "Vatileaks II".

"Un État sans droit à l'information"

Selon les procureurs, trois responsables du Vatican ont formé une "association criminelle organisée" avec l'objectif de "divulguer des informations et des documents concernant les intérêts fondamentaux du Saint-Siège et de l'Etat". Deux d'entre eux avaient été arrêtés au début du mois : le numéro deux de la préfecture des affaires économiques du Saint-Siège, et une laïque italienne spécialiste en relations publiques.

Tous deux appartiennent à la commission mise en place en 2013 par le pape François, peu après son élection, pour réfléchir à une réforme de la Curie, l'administration vaticane. Cette commission a achevé son travail l'an dernier et a remis son rapport au pape.

Les deux journalistes italiens Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi seront eux jugés pour avoir "exercé des pressions [...] afin d'obtenir des documents et des informations secrets" , selon le tribunal du Vatican.

D'après les avocats de Gianluigi Nuzzi, il risque quatre à huit ans de prison."La Constitution italienne garantit le droit à l'information et à l'expression mais le Vatican est un Etat sans droit à l'information" , explique le journaliste. "S'ils pensent me faire taire, ils n'emploient pas la bonne méthode parce qu'après moi, d'autres journalistes relateront les faits et l'information ne s'arrêtera pas."

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