C'est une affaire qui en rappelle une autre, à Nice. Avec des conséquences tout aussi graves : le voleur a été tué de quatre coups de pistolet. C'est la deuxième fois que le commerce de Sézanne, au sud de Reims, était attaqué. Le bijoutier est toujours en garde à vue.

Vive émotion à Sézanne

Comme à Nice, l'affaire provoque une vive émotion. Une marche de soutien a rassemblé quelques centaines de personnes aujourd'hui à Sézanne, commune de 5.000 habitants, à l'initiative du président de l'Union des commerçants.

Comme pour le joaillier de Nice, une page de soutien au bijoutier de Sézanne a été créée sur Facebook, recueillant 11.000 signatures en milieu d'après-midi.

A ECOUTER > Le reportage d'Antoine Giniaux, à Sézanne

Comment s'est déroulée l'agression ?

Martin Bourdin a recueilli les propos du procureur de la République de Châlons-en-Champagne, Christian de Rocquigny :

Le bijoutier descend avec un arme dissimulée dans son dos [...] le commerçant sort son arme et tire à quatre reprises.

Un bijoutier de Sézanne tue un braqueur
Un bijoutier de Sézanne tue un braqueur © Radio France / Nicolas Mathias

L'homme avait déjà été braqué, une fois, cette année. Suffisant pour qu'il "investisse dans des caméras, un sas de sécurité ", explique un poissonnier de la commune. Et dans un pistolet de 9mm : le bijoutier était un habitué du stand de tir. Selon son épouse, le bijoutier avait "une autorisation préfectorale" pour détenir une arme. L'enquête devra déterminer s'il a agi "en état de légitime défense", selon le procureur de Châlons-en-Champagne.

Le braqueur, 36 ans, avait dix condamnations à son casier judiciaire, dont deux devant les assises du Val-de-Marne et des Yvelines pour "vol avec arme". Avant de succomber à ses blessures, "il a dit aux pompiers: "On était trois. On venait du 94."

Les gendarmes, qui ont le signalement du véhicule du ou des complices, ont lancé un appel à témoins, qui concerne également des faits survenus jeudi en début d'après-midi à Vitry-le-François, qui présentent des "similitudes" avec l'attaque de Sézanne, a dit le procureur.

Le portrait du braqueur de Sylvie Bassal

Légitime défense ?

Le code pénal encadre précisément l'usage de la légitime défense par le citoyen. Menace réelle, sur la personne, et non sur les biens ? Proportionnalité : le braqueur a sorti une arme, mais elle n'était pas chargée. Tirer quatre coups alors qu'un seul aurait pu suffir à neutraliser l'aggresseur. Le précédent de Nice, en sept, est différent : Stefan Turk, le bijoutier niçois dont la boutique vient d'étre dévalisée, sort sur le trottoir et tire dans le dos sur le braqueur qui s'enfuit à moto. Turk est assigné à résidence, avec bracelet électronique, mis en examen pour homicide volontaire....

L'avocat pénaliste au barreau de Paris Thibault de Montbrial est l'invité de Patrick Boyer.

Il y a un malaise de l'administration judiciaire par rapport aux gens qui se défendent.

Sur Facebook, on salue "la justice à la française"

L'affaire de Sézanne rappelle évidemment celle du bijoutier de Nice. En septembre, Stephan Turk avait tué l'un des braqueurs en fuite après une attaque de son commerce. Il a depuis été mis en examen pour homicide volontaire et assigné à résidence sous bracelet électronique.

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